Mali: L'angoisse des familles des otages

MALI Avec l'intervention militaire française, elles craignent pour la vie de leurs proches...

Vincent Vantighem

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Le frère, la mère et le père de Pierre Legrand, otage d'Aqmi au Sahel.
Le frère, la mère et le père de Pierre Legrand, otage d'Aqmi au Sahel. — B. BISSON / JDD / SIPA

Depuis ce week-end, Marie-Line Bondu vit scotchée à son poste de télévision. Belle-mère de Pierre Legrand, l'un des otages retenus au Sahel par al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), la sexagénaire a découvert l'intervention française au Mali en regardant les infos. «Depuis, ça m'encombre l'esprit, confie-t-elle. On les savait en danger là-bas. Ils le sont encore plus aujourd'hui…»

Une réalité reconnue sans ambages par le gouvernement. «Nous sommes conscients des risques qui pèsent sur nos otages au Sahel», a ainsi déclaré Jean-Marc Ayrault, lundi.

Le chef du gouvernement a pour autant justifié l'intervention militaire sur le sol africain. «Ne rien faire et laisser le Mali devenir un sanctuaire pour les groupes terroristes n'aurait pas contribué à [leur] libération», a-t-il ainsi précisé. «Le problème, c'est qu'on n'a pas les clés pour comprendre ce qui se passe, réagit Mireille Blain, l'une des porte-parole des familles des otages retenus au Sahel. Pour l'instant, on est dans l'attente, extrêmement angoissés…» Il y a aujourd'hui huit Français retenus sur le sol africain par différents groupes islamistes. Le gouvernement assure tenir leur famille au courant de la situation. «Ceux qui les ont capturés, détenus doivent réfléchir, a déclaré mardi François Hollande depuis Dubaï. Il est encore temps de les rendre à leur famille.»