Intervention au Mali: François Hollande veut «détruire» les terroristes

MONDE Le chef de l'Etat souhaite que le Mali reprenne le contrôle de son territoire, au 5e jour de l'offensive militaire française...

Matthieu Goar

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REUTERS/Jumana El-Heloueh

«Détruire» les terroristes et permettre au Mali de reprendre le contrôle de son territoire. Au cinquième jour de l’offensive franco-malienne contre les djihadistes du nord du Mali, François Hollande a clarifié les trois objectifs de l’opération «Serval».

«D’abord, arrêter l’agression terroriste. (…) Ensuite, sécuriser Bamako, où nous avons plusieurs milliers de ressortissants. Enfin, permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale », a résumé le chef de l’Etat plus martial qu’il y a quelques jours : «Que faire des terroristes? Les détruire. Les faire prisonniers, si possible », a martelé François Hollande, en visiteaux Emirats arabes unis alors qu’en France certaines voix écologistes, commencent à critiquer cette intervention. «La France n’a pas vocation à rester au Mali», a répondu Hollande.

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Sur le terrain, les frappes se sont intensifiées. « Lundi enfin, la nuit dernière, et encore au moment où je vous parle, nous poursuivons les frappes aériennes en zone de contact […] pendant que se poursuit le renforcement terrestre sur la capitale », a lâché le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian. La ville stratégique de Konna serait par contre toujours entre les mains des islamistes. alors qu’une source militaire malienne avait affirmé, dès samedi, que les Djihadistes avaient été repoussés de ce nœud de communication. Pourtant, l’armée française se déploie.

Déploiement de l'armée

Les huit Mirage opérant du Tchad, les Rafales basés en France mais aussi les hélicoptères de combat ont effectué une cinquantaine de sorties depuis vendredi, selon le chef d’état-major des forces armées, l’amiral Edouard Guillaud. Mardi, en fin d’après-midi, une trentaine de blindés légers français ont quitté Bamako vers le nord du pays.

La France a ainsi pour la première fois engagé des troupes au sol, pour reprendre Diabali, une localité de l'Ouest tombée la veille aux mains des islamistes, tout en poursuivant ses frappes aériennes.

Dans les jours à venir, le contingent affecté à cette opération devrait se renforcer et passer de 1.700 soldats (800 sur le territoire malien) à environ 2 500. L’opération pourrait durer «de longues semaines», a déclaré Laurent Fabius, mardi.

Pour le moment, la France et le mali restent isolés sur le terrain. Les premiers éléments d’une force ouest-africaine devraient être déployés dans un délai d’une semaine alors que l’Union européenne se montre trop discrète, selon Alain Vidalies, ministre des Relations avec le Parlement qui évoque des «absences un peu regrettables», sans citer de pays. En France, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a rendu, mardi aux Invalides, un hommage à Damien Boiteux, premier «mort pour la France» au Mali. «Le chef de bataillon Damien Boiteux qui va être enterré samedi a vu son nom donné déjà à deux garçons dans le nord du Mali», a indiqué le ministre des Affaires étrangères malien Tièman Hubert Coulibaly