Mali: Le point sur l’intervention militaire française

TERRORISME – Depuis vendredi, la France est en guerre au Mali. Pourquoi, combien de temps, avec quelle légitimité? «20 Minutes» fait le point sur la situation…

Isabelle Raynaud

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This Sunday Jan.13, 2013 photo provided by the French Army Monday Jan.14, 2013 shows French Rafale jetfighters on the tarmac after a mission to Mali in N'Djamena, Chad. French fighter jets bombed rebel targets in a major city in Mali's north Sunday, pounding the airport as well as training camps, warehouses and buildings used by the al-Qaida-linked Islamists controlling the area, officials and residents said. (AP Photo/Adj Nicolas-Nelson Richard, ECPAD)/ 
This Sunday Jan.13, 2013 photo provided by the French Army Monday Jan.14, 2013 shows French Rafale jetfighters on the tarmac after a mission to Mali in N'Djamena, Chad. French fighter jets bombed rebel targets in a major city in Mali's north Sunday, pounding the airport as well as training camps, warehouses and buildings used by the al-Qaida-linked Islamists controlling the area, officials and residents said. (AP Photo/Adj Nicolas-Nelson Richard, ECPAD)/  — Adj Nicolas-Nelson Richa/AP/SIPA

L’intervention militaire de la France au Mali soulève de nombreuses questions. Le point au quatrième jour de l’engagement français.

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Quel est le but de la France en intervenant au Mali?

La France a décidé d’intervenir au Mali pour «stopper la menace terroriste» dans la région, selon les termes de Jean-Marc Ayrault. «Il faut empêcher la constitution d’un Etat terroriste dans la région», a réaffirmé Jean-Yves Le Drian, ce lundi sur BFM TV.

Sous quel mandat la France intervient-elle?

François Hollande a affirmé vendredi que la France agirait «strictement dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU». Or le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pour l’heure voté que la résolution 2085, adoptée en décembre, autorisant «le déploiement au Mali, pour une durée initiale d'une année, de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (Misma)». Pas une intervention militaire française. La France répond toutefois à l’appel à l’aide du Mali. Les autorités françaises invoquent donc l’article 51 de la charte de l’ONU, qui reconnaît le «droit naturel de légitime défense» d’un Etat.

Depuis quand l’intervention était-elle prévue?

La résolution 2085 prévoyait le déploiement d’une force internationale au Mali, mais sans fixer de calendrier. L’Union européenne avait pris la décision de former les forces maliennes;400 militaires devaient arriver début 2013 au Mali dans ce but, affirmait en décembre Jean-Yves Le Drian. L’offensive des islamistes du Nord-Mali a pris de cours ces préparatifs. Le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, a appelé à l’aide Paris, qui a agi dans l’urgence.

Samedi, Jean-Yves Le Drian précisait: «La situation au Mali est grave. Elle s’est détériorée rapidement ces derniers jours. Les groupes terroristes, profitant des délais inévitables pour la mise en œuvre des décisions internationales, ont lancé une offensive qui vise à déstabiliser le Mali dans son ensemble. (...) Il fallait réagir avant qu’il ne soit trop tard.»

Combien de militaires français sont engagés au Mali?

Dimanche, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé la présence au Mali de 550 militaires français, répartis entre Bamako et Mopti, 500 km plus au nord. La France a également envoyé huit Mirage, trois avions ravitailleurs et des appareils de transports. Quatre avions Rafale ont aussi été utilisés pour des frappes près de Gao dimanche.

Quels pays soutiennent la France dans cette intervention?

Dès vendredi, le Mali a affirmé que des forces du Nigeria et du Sénégal combattaient aux côtés des Français et des Maliens pour repousser les islamistes. Le Burkina Faso, le Togo et le Bénin doivent eux aussi fournir rapidement des troupes.

Du côté occidental, les Etats-Unis apportent un soutien dans le domaine des transports et des communications mais également dans le secteur du renseignement. Le Royaume Uni a annoncé avoir mis deux avions transporteurs C17 à disposition de la France. Le Premier ministre de la Grande-Bretagne a néanmoins réaffirmé que les troupes britanniques ne seraient pas déployées sur le terrain. De son côté, l'Allemagne étudie un possible soutien «logistique» à l'intervention française, a annoncé le ministère allemand des Affaires étrangères.

Combien de temps doit durer l’intervention française?

«Cette opération durera le temps nécessaire», a déclaré le Président Hollande en annonçant l’implication de la France vendredi. «Il faudra aller jusqu’au bout», a ajouté Jean-Yves Le Drian. L’intervention militaire française ne devrait prendre fin que lorsque les forces africaines, mandatées par l’ONU, pourront assurer «l’intégrité du Mali», selon les termes du ministre de la Défense, ce lundi sur BFM TV.

Quel est l’accueil de la population malienne?

François Hollande a reçu dimanche à l'Elysée la communauté malienne, dont les représentants ont salué la décision «courageuse» de la France. «Si la France n'était pas venue aux côtés du Mali, le Mali n'existerait plus, ce serait autre chose que le Mali parce que les intégristes seraient arrivés jusqu'à Bamako», a déclaré à sa sortie du palais présidentiel Ramata Coulibaly, vice-présidente du collectif des Maliens de France pour la paix.

Le maire de Goa, ville touchée par des frappes de l’aviation française dimanche, s’est lui aussi félicité de l’intervention de Paris. «Je suis très heureux de l'intervention de la France, très heureux de ces frappes, quel que soit ce qui en sort. Il faut faire la guerre avec eux [les islamistes]», a-t-il déclaré à France Info.

Y a-t-il des risques pour les otages français retenus au Sahel?

«C'est une situation très, très difficile, personne ne peut dire qu'il n'y a pas de risque», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dimanche au «Grand Jury» RTL-LCI-Le Figaro. «Bien sûr, c'est une situation extrêmement difficile», a-t-il poursuivi, jugeant néanmoins que «ce n'est pas en cédant au terrorisme que l'on va protéger les otages».

François Hollande doit recevoir les familles des otages dans les prochains jours. Les familles ont peur que les islamistes se vengent sur les otages de l’intervention militaire. L’échec de l’exfiltration de l’otage Denis Allex en Somalie ne les a pas rassurés. «Ça remet en question ce type d’opération», a déclaré à RTL Jean-Pierre Verdon, le père de Philippe Verdon, enlevé en novembre 2011 au Mali par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi).

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