Mali: La France entre en guerre

MALI Les bombardements et les combats ont déjà fait plus de 100 morts...

Faustine Vincent
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Les avions français frappent les bases islamistes au nord et au centre du Mali.
Les avions français frappent les bases islamistes au nord et au centre du Mali. — R. NICOLAS-NELSON / AP / SIPA

La France est en guerre sur un nouveau front. Le président François Hollande a annoncé vendredi le début de l'intervention des forces françaises au Mali pour lutter contre les groupes islamistes, qui contrôlent le nord du pays depuis l'été. La France, qui œuvrait sur le plan diplomatique depuis des mois, s'est décidée à intervenir après la prise de Konna, jeudi, par les islamistes. Cette localité est stratégique car elle est située près de Mopti, dernier verrou avant Bamako. «La menace, c'est la mise en place d'un Etat terroriste à portée de l'Europe et de la France […]», a justifié le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Trois objectifs

L'opération – baptisée «Serval», du nom d'un félin d'Afrique – poursuit trois objectifs, a détaillé le ministre : «arrêter l'offensive en cours», «empêcher ces groupes [terroristes et djihadistes] de nuire plus avant et de mettre en péril la stabilité du pays», et protéger les 6 000 ressortissants français au Mali. Elle se traduit par un appui aérien aux troupes maliennes. Parallèlement, quelque 400 soldats français sont arrivés vendredi et samedi à Bamako – 200 venant de métropole et 200 autres issus du contingent Epervier au Tchad. A l'état-major des armées, on indique que «le nombre exact de soldats déployés à terme dépendra de l'évolution de la situation». La durée de l'opération est elle aussi incertaine : elle continuera «le temps nécessaire», a déclaré François Hollande. Le Président a précisé agir «dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU», puisque Paris intervient à la demande du président malien par intérim, Dioncounda Traoré.

Les bombardements aériens français et les combats autour de la localité de Konna, dans le centre du Mali, ont déjà fait plus de 100 morts dans les rangs des rebelles et des forces gouvernementales. Hollande a assuré qu'«un coup d'arrêt a été porté [aux terroristes]».

La France a aussi mené des raids sur plusieurs cibles près de Gao (Nord), le siège des islamistes. La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), dont les premiers soldats sont attendus lundi, réclamait depuis des mois une intervention internationale. La décision de la France a été bien accueillie par Londres, Berlin et Washington, qui n'exclut pas un soutien logistique.