L'Église allemande rompt avec un chercheur qui enquêtait sur la pédophilie

avec AFP

— 

L'Eglise catholique allemande a annoncé mercredi avoir rompu sa collaboration avec un chercheur qui enquêtait depuis 2011 sur les actes pédophiles commis par des prêtres, après des divergences sur les conditions d'indépendance de l'étude.
L'Eglise catholique allemande a annoncé mercredi avoir rompu sa collaboration avec un chercheur qui enquêtait depuis 2011 sur les actes pédophiles commis par des prêtres, après des divergences sur les conditions d'indépendance de l'étude. — John Macdougall afp.com

L'Eglise catholique allemande a annoncé mercredi avoir rompu sa collaboration avec un chercheur qui enquêtait depuis 2011 sur les actes pédophiles commis par des prêtres, après des divergences sur les conditions d'indépendance de l'étude. L'Eglise catholique allemande a assuré être à la recherche d'un nouveau partenaire pour relancer ces recherches. «Les premières discussions en ce sens vont débuter dans les prochaines semaines», a indiqué la Conférence épiscopale dans un communiqué.

«La relation de confiance entre le directeur (de l'Institut de criminologie de Basse-Saxe, Christian Pfeiffer) et les évêques allemands est anéantie. La confiance est pourtant une condition incontournable pour un projet aussi vaste et aussi sensible», a-t-elle expliqué pour justifier sa décision.

«La manière qu'avait le Professeur Pfeiffer de communiquer avec les responsables de l'Eglise a malheureusement ôté toute confiance dans la possibilité de poursuivre un travail constructif», a-t-elle ajouté.

Des rumeurs concernant la destructions de documents

Le chercheur a rejeté la responsabilité de cette rupture sur certains prélats, notamment des diocèses bavarois de Munich et Freising (sud). Ces derniers lui auraient demandé de soumettre ses recherches «pour approbation» avant une éventuelle publication, a-t-il affirmé. «Cela aurait été inacceptable», d'autant que «ce n'était absolument pas prévu dans le contrat de recherche au départ» et que «toutes les précautions pour préserver l'anonymat» des victimes comme des coupables avaient été prises, a argumenté Christian Pfeiffer, sur la chaîne publique allemande ZDF.

«Lorsque j'ai entendu des rumeurs concernant la destruction de certains documents dans des diocèses et que je leur ai écrit pour demander si c'était vrai, je n'ai reçu aucune réponse. Si ce n'est de me dire que le simple fait que je pose la question détruisait la confiance nécessaire», a-t-il poursuivi.

En juillet 2011, la Conférence épiscopale allemande avait annoncé l'ouverture complète des archives de neuf de ses diocèses, qui rassemblent des documents remontant à 1945, à un groupe de chercheurs indépendants emmenés par le professeur Christian Pfeiffer.