Corée du Nord: Au pays de l'internet verrouillé, le patron de Google en visite

avec AFP

— 

La visite du patron de Google en Corée du Nord laisse plus d'un observateur pantois: que va faire Eric Schmidt, défenseur de la liberté de l'internet, dans un des pays les plus reclus au monde, où l'accès à l'information non officielle est quasi impossible et durement sanctionnée?
La visite du patron de Google en Corée du Nord laisse plus d'un observateur pantois: que va faire Eric Schmidt, défenseur de la liberté de l'internet, dans un des pays les plus reclus au monde, où l'accès à l'information non officielle est quasi impossible et durement sanctionnée? — afp.com

La visite du patron de Google en Corée du Nord laisse plus d'un observateur pantois: que va faire Eric Schmidt,défenseur de la liberté de l'internet, dans un des pays les plus reclus au monde, où l'accès à l'information non officielle est quasi impossible et durement sanctionné?

Eric Schmidt, en visite «humanitaire privée» de trois jours avec l'ex-diplomate américain Bill Richardson, symbolise ce contre quoi le régime de Pyongyang se bat depuis des décennies, à savoir l'accès à une information non censurée. «Google a dû se plier à des compromis délicats et a été la cible de vives critiques pour ses efforts à soutenir une présence en Chine face à la censure du gouvernement» chinois, rappelle Stephen Haggard, expert sur la Corée du Nord à l'Institut Peterson.

Pour 95% de la population, il n'y a ni portable ni intranet

«Ils ne sont pas à blâmer pour essayer avec Pyongyang mais le géant de l'information a sans doute rencontré plus fort que lui», ajoute l'expert. «Vous imaginez la réponse de Kim Jong-Un (le dirigeant nord-coréen) à une présentation PowerPoint de Schmidt sur le pouvoir libérateur de Google?».

Pour les 24 millions de Nord-Coréens, la révolution de l'information numérique est purement théorique, notamment en matière de communication avec le monde au-delà de leurs frontières. Radios et télévisions sont bloquées de manière à ne pouvoir diffuser que les stations et les chaînes étatiques. Quant à surfer sur l'internet, c'est tout bonnement impossible pour l'immense majorité de la population. Pour 95% de la population, il n'y a ni portable ni intranet.