Deux films, déjà, sur les attentats du 11 Septembre

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Cinq ans après, deux films américains, "World Trade Center" d'Oliver Stone et "Vol 93" de Paul Greengrass, sont sur les écrans.

- "World Trade Center" d'Oliver Stone

Très attendu, "World Trade Center" décevra certainement ceux qui s’attendaient à retrouver l’esprit rentre-dedans d’Oliver Stone. Le réalisateur de "Platoon" et de "Né un 4 juillet" semble s’être assagi pour traiter ce sujet brûlant. « Certains ont été surpris que "World Trade Center" ne prête pas le flanc à la polémique, déclarait Oliver Stone au Festival de Deauville, mais ce n’était pas mon propos. J’ai choisi d’épouser le point de vue de mes personnages, pas de placarder mon opinion personnelle. » 

Le film (sortie le 21 septembre) épouse les points de vue entrecroisés de deux flics coincés sous les décombres, de leurs familles tenaillées par l’angoisse et de leurs sauveteurs. Plus qu’une fresque aux multiples rebondissements, Stone a choisi de signer un huis-clos centré sur une expérience personnelle. Des attentats eux-mêmes, on ne voit que l’ombre menaçante d’un avion, plus effrayante qu’une reconstitution d'images d’actualités vues des centaines de fois depuis ce funeste 11 septembre 2001. « Je ne pouvais pas faire plus fort que cela, avoue le cinéaste. Il vient un moment où la réalité dépasse la fiction et il faut savoir s’incliner devant cette évidence. » Quant au côté trop sage, patriotique, voire mystique de son film, Stone est très clair à ce sujet. «J’ai voulu raconter une aventure humaine exceptionnelle. Le monde qui m’entoure est si laid que j’ai tendance à m’humaniser. Je veux maintenant donner de l’espoir aux spectateurs. »

Caroline Vié

Voir la bande-annonce de "Wolrd Trade Center"

- "Vol 93", de Paul Greengrass,  chronique d'un crash annoncé

Vol 93 relate la vie à bord du quatrième avion détourné par des terroristes le 11 Septembre 2001, celui dont les passagers se sont sacrifiés pour empêcher un crash sur la Maison Blanche. Le réalisateur retrouve un style proche du reportage pour coller au plus près des protagonistes, qu'ils soient à bord ou dans la tour de contrôle. Il a reçu le soutien des familles des victimes comme des professionnels de l'air pour cette oeuvre très dure, interprétée par des inconnus. Traitant tous ces personnages avec une humanité dépourvue de complaisance, Greengrass exclut le mélodrame pour livrer un authentique film catastrophe d'autant plus poignant qu'on en connaît l'issue.

C.V.

Voir la bande-annonce de "Vol 93"