Pakistan: Karachi gangrénée par une guerre des gangs

avec AFP

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"Mon fils est allé se recueillir sur la tombe de son père, mais il n'est jamais revenu. Nous avons retrouvé son corps mutilé dans un sac", raconte, secouée de sanglots, Shahida, mère éprouvée par les pires violences en deux décennies dans la mégapole économique du Pakistan.
"Mon fils est allé se recueillir sur la tombe de son père, mais il n'est jamais revenu. Nous avons retrouvé son corps mutilé dans un sac", raconte, secouée de sanglots, Shahida, mère éprouvée par les pires violences en deux décennies dans la mégapole économique du Pakistan. — Asif Hassan afp.com

«Mon fils est allé se recueillir sur la tombe de son père, mais il n'est jamais revenu. Nous avons retrouvé son corps mutilé dans un sac», raconte, secouée de sanglots, Shahida, mère éprouvée par les pires violences en deux décennies dans la mégapole économique du Pakistan, Karachi, monstre urbain de 18 millions d'habitants.

Guerre pour le contrôle du port, des terres et du commerce sur fond de rivalités ethniques et politiques; attentats par des groupes extrémistes, pauvreté jetant des jeunes sans espoir dans les bras de la mort, Karachi a tous les ingrédients d'un cocktail explosif. Et le quartier de Lyari, stratégique car il englobe le port, d'où transite la majorité des biens entrant et sortant du pays, est emblématique de la «guerre des gangs» qui sévit.

2012 pire année depuis 20 ans

Par un jour de décembre, le fils unique de Shahida, Faysal, 16 ans, est allé au cimetière et n'en est jamais revenu. La famille a retrouvé son corps quelques jours plus tard dans un sac. «Il aété mutilé. Il a reçu une balle dans la tête et il avait des traces de perceuse à la tête et au ventre», clame son oncle Mohammed Hussein, homme charpenté vêtu d'une tunique crasseuse.

Plus de 2.100 personnes ont perdu la vie en 2012 dans des attentats ou des meurtres, selon le Comité de liaison entre les citoyens et la police. La pire année depuis la création de ce registre il y a près de 20 ans.