Irlande du Nord: Flambée de violence à Belfast

MONDE Des unionistes protestants s'opposent à la suppression du drapeau britannique...

Faustine Vincent

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De violents incidents ont éclaté à Belfast pour la quatrième journée consécutive, malgré l'ouverture de discussions entre représentants politiques et religieux pour mettre fin à ces heurts qui ont éclaté le 3 décembre, s'étaient arrêtées peu avant Noël, mais ont recommencé jeudi. A l'originie de ces manifestations : la décision de supprimer le drapeau britannique au fronton de l'hôtel de ville de la capitale nord-irlandaise. Cette mesure, qui met fin à une tradition en vigueur depuis 1906, a été votée par des élus du conseil municipal de Belfast, dominé par les nationalistes irlandais. Désormais, l'Union Jack ne flottera que dix-sept jours spécifiques par an, par exemple le jour anniversaire de la reine.

 Soixante-dix interpellés

 La suppression de l'Union Jack a suscité la colère de certains unionistes protestants qui défendent le maintien de l'Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni. En décembre, des manifestations ont déjà fait plus de 40 blessés parmi les policiers. Depuis jeudi, plusieurs dizaines d'entre eux ont été touchés.

Selon les forces de l'ordre, soixante-dix interpellations ont été opérées, dont celle, samedi, d'un homme de 38 ans soupçonné de tentative de meurtre. La Fédération des policiers d'Irlande du Nord a accusé dimanche des organisations paramilitaires, favorables au maintien de l'union avec la Grande-Bretagne, d'« exploiter, organiser et orchestrer ces violences dirigées contre des policiers déployés pour tenter de faire respecter la loi et empêcher l'anarchie dans [les] rues».

La milice paramilitaire protestante de la Force des volontaires de l'Ulster (UVF) et l'autre organisation loyaliste nord-irlandaise des Combattants de la liberté de l'Ulster (UFF) ont cessé les hostilités en 2007. Elles ont neutralisé leurs arsenaux à la suite de l'accord de paix du 10 avril 1998, qui a mis fin à trois décennies de conflit confessionnel sanglant et débouché sur un partage du pouvoir entre loyalistes protestants et nationalistes catholiques.