Violences en Irlande du Nord: Les paramilitaires pro-britanniques pointés du doigt

Avec Reuters

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La Fédération des policiers d'Irlande du Nord (PFNI) a accusé dimanche les organisations paramilitaires probritanniques d'encourager et d'exploiter les incidents qui secouent depuis décembre Belfast à propos de l'affaire de l'Union Jack.

Samedi, des policiers ont essuyé des tirs pour la troisième journée consécutive de batailles rangées au cours desquelles des émeutiers ont lancé des engins incendiaires, des briques et d'autres projectiles sur les forces de l'ordre. Ces incidents font suite aux protestations des unionistes face à la suppression du drapeau britannique au fronton de l'Hôtel de ville de la capitale nord-irlandaise. Cette mesure, qui met fin à une tradition vieille d'un siècle, répondait à un vote d'élus, pour la plupart proches de la République d'Irlande. Désormais, l'Union Jack ne flottera que 17 jours spécifiques par an, comme par exemple le jour anniversaire de la reine.

Fin des hostilités en 2007

D'après la police, 70 interpellations ont été opérées, dont celle, samedi, d'un homme de 38 ans soupçonné de tentative de meurtre à propos des tirs. «Il est tout à fait clair qu'il existe des membres importants de la Force des volontaires de l'Ulster (UVF, milice paramilitaire protestante), qui exploitent, organisent et orchestrent ces violences dirigées contre des policiers déployés pour tenter de faire respecter la loi et empêcher l'anarchie dans nos rues», a déclaré le président de la PFNI, Terry Spence, au micro de la BBC.

L'UVF et l'autre organisation loyaliste nord-irlandaise des Combattants de la liberté de l'Ulster (UFF) ont cessé les hostilités en 2007 et neutralisé leurs arsenaux à la suite de l'accord de paix du 10 avril 1998 qui a mis fin à trois décennies de conflit confessionnel sanglant et débouché sur un partage du pouvoir entre loyalistes protestants et nationaliste catholiques.