Après Depardieu, Brigitte Bardot dit son «ras-le-bol» de la France

POLÉMIQUE 'actrice reconvertie en défenseuse des animaux compte rendre bientôt visite à Vladimir Poutine...

© 2013 AFP

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L'annonce de Brigitte Bardot, 78 ans, intervient au lendemain de la publication d'une lettre de Gérard Depardieu, monstre sacré du cinéma français, remerciant le président Vladimir Poutine pour lui avoir accordé la nationalité russe.
L'annonce de Brigitte Bardot, 78 ans, intervient au lendemain de la publication d'une lettre de Gérard Depardieu, monstre sacré du cinéma français, remerciant le président Vladimir Poutine pour lui avoir accordé la nationalité russe. — Eric Feferberg afp.com

Après Depardieu, Brigitte Bardot, qui a menacé vendredi de demander la nationalité russe si les autorités françaises décidaient d'euthanasier deux éléphantes malades à Lyon, dit son «ras-le-bol» de la France et annonce qu'elle rendra bientôt visite à Vladimir Poutine, dans un entretien publié ce samedi dans les quotidiens du groupe Nice-Matin.

«Je suis très sérieuse. J’en ai plein le c... Ras-le-bol ! Je ne supporte plus ce pays. Depuis Sarkozy et ses promesses non tenues, personne ne répond à mes requêtes. Ça me met dans une douleur et une rage folle de voir cette impuissance. Je ne demande rien d’extraordinaire: une RE-PON-SE pour sauver ces animaux !», déclare l'ancienne actrice et chanteuse, âgée de 78 ans.

«L’éléphant est intelligent, courageux... C’est mon animal préféré au monde. Si on euthanasie Baby et Népal, il va y avoir un drame. Je suis capable de tout!», ajoute-t-elle, déplorant que sa fondation de défense des animaux ne puisse pas faire de contre-expertise des deux éléphantes suspectées de tuberculose par la préfecture du Rhône.

Un voyage en Russie pour voir Poutine programmé

«J’ai adressé une lettre par porteur à [François] Hollande [mercredi], avec toute la documentation pour expliquer comment la fondation prendrait en charge leur mise en quarantaine, les soins et leur sauvetage. Pas de réponse», regrette Bardot, expliquant avoir choisi la Russie «par rapport à Poutine».

«Je lui trouve beaucoup d’humanité. A chaque fois que je lui demande quelque chose, en principe il me l’accorde. Il a fait plus pour la protection animale que tous nos présidents successifs. Et puis là-bas, ils n’ont pas l’Aïd-el-Kébir...», souligne la résidente de Saint-Tropez (Var), qui «programme un voyage en Russie pour voir Poutine».

Le sort des deux éléphantes du cirque Pinder suscite une levée de boucliers des défenseurs de la cause animale depuis la mi-décembre. La Fondation Brigitte Bardot avait demandé à la préfecture d'ordonner la «saisie» des deux pachydermes pour les lui confier au lieu de les euthanasier. Un pourvoi vient d'être déposé au Conseil d'Etat par les avocats du cirque pour demander la suspension de l'euthanasie.

«Je soutiens Gérard Depardieu, victime d'un acharnement extrêmement injuste»

Cette annonce de Brigitte Bardot intervient en pleine polémique sur l'exil fiscal de l'acteur Gérard Depardieu, qui vient d'obtenir la citoyenneté russe du président Vladimir Poutine. Brigitte Bardot emboîte donc le pas à l'acteur, qu'elle n'a jamais rencontré selon sa Fondation, mais qu'elle a vivement soutenu. «Je soutiens Gérard Depardieu, victime d'un acharnement extrêmement injuste, bien qu'il soit un amateur de corridas, ce qui ne l'empêche pas d'être un acteur exceptionnel», avait-t-elle déclaré à la mi-décembre.

«Bravo et chapeau Mme Bardot», a réagi Gilbert Edelstein, le propriétaire des pachydermes et directeur du cirque Pinder. «C'est elle qui va les sauver», a-t-il affirmé à l'AFP. «Si elle sauve mes éléphantes, je veux la rencontrer et la réconcilier avec les vrais cirques, avec les gens qui aiment les animaux».

Défense de la cause animale

Brigitte Bardot, 78 ans, qui a tiré un trait sur son passé de sex-symbol et de star du grand écran en 1973 pour défendre la cause animale, notamment les bébés phoques, n'en est pas à sa première démonstration d'amitié à l'égard de la Russie. Elle avait remercié en décembre 2011 Vladimir Poutine, son «Premier ministre préféré», d'avoir interdit le commerce des peaux de phoques du Groenland, réagissant à une décision prise par la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan.

Le président russe met régulièrement en avant son engagement pour des espèces protégées, en s'affichant dans la taïga au côté d'un tigre de Sibérie ou dans l'Arctique avec un ours blanc. Mais ses expéditions suscitent régulièrement la controverse. En 2011, alors qu'il s'était mis à genoux à quelques mètres d'un léopard des neiges, l'antenne russe du Fonds mondial pour la nature (WWF) avait affirmé que l'animal avait été capturé dans une région voisine et amené en hélicoptère spécialement pour lui être montré.

Quant aux animaux, ils ne sont pas toujours traités avec égards en Russie. A Moscou et dans d'autres villes russes, un mouvement de chasseurs de chiens («doghunters»), qui s'en prennent aux nombreux chiens errants du pays avec des appâts empoisonnés voire à l'arme à feu, ne cesse de s'amplifier. La Russie ne représente néanmoins que 3,2% de la production mondiale de fourrure de visons et renards, l'Europe 60% et la Chine 24%, selon l'association fourrure Torture.