Tony Blair bientôt sur le départ

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 Il a finalement craqué sous la pression. Après la lettre, lundi, de dix-sept députés travaillistes demandant son départ et la démission, mercredi, de sept membres de son équipe gouvernementale exigeant la même chose, le Premier ministre britannique s’est enfin décidé à clarifier les choses. Profitant de la visite très médiatisée d’une école de Londres hier après-midi, Tony Blair a annoncé son intention de passer lamain d’ici à un an. Se refusant toutefois à préciser la date. « Le calendrier précis doit être laissé àma discrétion et doit être fait d’une manière convenable », a-t-il justifié. L’annoncedevrait en tout cas faireplaisir au ministre des Finances Gordon Brown, dauphin officiel de Blair et qui attend depuis des années d’emménager à Downing Street. Pour cela, il faut qu’il soit nomméàla têtedu parti majoritaire au Parlement, le Labour, les prochaines élections législatives n’ayant lieu qu’en 2009. Brown, qui avait un moment espéré emmener les travaillistes à la victoire en mai 2005, ne serait d’ailleurs pas étranger à la tempête qui secoue le parti depuis le début de la semaine et qui a fini par atteindre Blair. La déclaration de cedernier devrait, au moins un temps, mettre un terme aux querelles de plus en vives qui agitent le Labour, inquiet des mauvais sondages face à la résurgence de l’opposition conservatrice. «L’important maintenant est que nous comprenions que l’intérêt du pays doit passer en premier et que nous avancions », a-t-il ajouté alors que le congrès du Parti travailliste se tiendra dans deux semaines. Ce ne sera pas facile. Nombreux sont en effet ceux qui estiment queBlair, usé par neuf ans et demi au pouvoir, ne parviendra pas à mettre fin à la crise qui menace sa fin de règne. D’autant que la date dedépart avancée est juillet prochain. Les partisans de Brown souhaitent donc que le Premier ministredémissionne avant Noël, histoire de permettre à leur poulain de faire son entrée sous les projecteurs et non pas en plein été.

Clémence Lemaistre