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Bahreïn: Deux policiers condamnés pour avoir battu à mort un militant de l'opposition

Deux policiers bahreïnis ont écopé dimanche d'une peine de sept ans de prison chacun pour avoir battu à mort un militant de l'opposition chiite détenu l'an dernier lors de la répression du mouvement de contestation populaire.

Ces condamnations, rapportées lundi par l'agence de presse officielle BNA, ont été critiquées par des détracteurs du régime pour leur indulgence supposée. En avril 2011, Karim Fakhrawi, un entrepreneur membre du Wefaq, groupe à l'avant garde de l'opposition dans ce royaume majoritairement chiite gouverné par une dynastie sunnite proche du grand voisin saoudien, était décédé dans sa cellule.

«Le pouvoir ne veut pas reconnaître qu'il y a eu torture»

D'après la version de l'opposition, il avait été arrêté une semaine plus tôt alors qu'il se rendait dans un commissariat pour se plaindre que sa maison soit en cours de démolition par la police. «Nous ne nous attendions pas à une peine de sept ans seulement», a réagi Sayed Hadi al Moussaoui, qui appartient au Wefaq. «Le parquet a changé le chef d'accusation de "torture débouchant sur la mort" à "coups menant à la mort". Le pouvoir ne veut pas reconnaître qu'il y a eu torture», a-t-il déclaré.

En juillet, la justice avait inculpé 15 policiers pour «mauvais traitement» sur des détenus dans le cadre d'une enquête sur des informations faisant état de cas de torture de manifestants interpellés durant la répression du mouvement de contestation. Les Etats-Unis, alliés du royaume où la Ve flotte américaine du Golfe dispose de son port d'attache, ont demandé à Bahreïn de respecter la justice et de mettre en oeuvre des réformes.

En novembre, une commission composée de juristes internationaux avait fait état de cas de torture systématiques pour punir et extorquer les aveux de centaines de manifestants sous la loi martiale en vigueur en 2011. D'après cette commission, 35 personnes -essentiellement des manifestants- ont péri pendant le mouvement de contestation, dont cinq des suites de torture.