La démission de sept collaborateurs subalternes du gouvernement et d'un sous-secrétaire d'Etat, agrémentée de deux longues rencontres orageuses mercredi avec Gordon Brown, son ministre des Finances qui attend depuis des années de lui succéder, devaient finalement avoir raison du refus de Blair de fixer sa date de départ.
La démission de sept collaborateurs subalternes du gouvernement et d'un sous-secrétaire d'Etat, agrémentée de deux longues rencontres orageuses mercredi avec Gordon Brown, son ministre des Finances qui attend depuis des années de lui succéder, devaient finalement avoir raison du refus de Blair de fixer sa date de départ. — Andrew Parsons AFP

Monde

L'après Tony Blair

La question de son remplacement est ouverte depuis que le Premier ministre est donné partant pour l’été

Qui va remplacer Tony Blair ? La question est ouverte depuis que le Premier ministre est donné partant pour l’été prochain. Son départ de Downing Street ne déclenchera pas automatiquement de nouvelles élections législatives : au Royaume-Uni, le Premier ministre est automatiquement le chef du parti vainqueur des élections législatives (le Labour en mai 2005) et ce parti peut changer de leader, et donc de Premier ministre, en cours de mandat.

Le Sun affirmait début septembre que Tony Blair, usé par neuf ans de pouvoir et de plus en plus contesté dans les rangs travaillistes, avait prévu de démissionner de la tête de son parti le 31 mai prochain. Le quotidien ajoute qu'une campagne de huit semaines s'ensuivra pour désigner le nouveau chef du Labour qui deviendra ainsi Premier ministre jusqu'au prochaines élections générales, prévues au plus tard en mai 2010. Tony Blair quitterait ainsi Downing Street le 26 juillet 2007 et son successeur serait chargé de former un nouveau gouvernement.

Jusqu'à présent, il semble acquis que le ministre des Finances Gordon Brown, 55 ans, officiellement soutenu par le Premier ministre - qui serait plus réticent en privé -, serait désigné à la tête du parti sans réelle compétition. Mais d'ici neuf mois, les rapports de force pourraient évoluer : le ministre du Travail John Hutton a affirmé que le Labour devait débattre de son avenir "de manière démocratique et ouverte", refusant de soutenir Gordon Brown. D'autres voix plus mineures au sein du parti se sont également prononcées pour une véritable élection interne. Les noms de candidats potentiels sont déjà évoqués, dont ceux de l'ancien ministre de la Santé Alan Milburn, du ministre de l'Intérieur John Reid, ou encore du ministre de l'Education Alan Johnson.

Le remplacement de Tony Blair pourrait même être accéléré, si 71 députés (20% des députés Labour) y étaient favorables et soutenaient un nouveau candidat à la tête du parti. Un "coup d'Etat" qui ne pourrait cependant avoir lieu qu'à l'occasion du congrès annuel du parti, cette année fin septembre, au cours duquel sont élus où sont réélus les numéros 1 et 2 du parti.