Que se passe-t-il vraiment en Centrafrique?

MONDE Des mouvements rebelles déstabilisent le pays...

A.D. avec agences

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 François Bozize, président de Centrafrique, aux Nations Unies le 22 septembre 2010
 François Bozize, président de Centrafrique, aux Nations Unies le 22 septembre 2010 — Seth Wenig/AP/SIPA

La Centrafrique, pays enclavé de cinq millions d’habitants, connaît des troubles politiques qui inquiètent les habitants. Alors que le président François Bozizé réclame l’aide le la France, François Hollande excluait ce jeudi toute intervention. 20 Minutes décrypte pour vous ce conflit.

 

Les forces en présence 

Le pays connaît une grande instabilité depuis plusieurs années. Depuis 2007, un processus de paix est engagé, mais les rebelles reprochent au président de ne pas le respecter.

 

Le président François Bozizé est à la tête du pays depuis le coup d’État de 2003 qui l’a porté au pouvoir. Il est élu président en 2005 puis réélu en 2011, avec plus de 60% des voix. Sous-équipée, démotivée et mal organisée, l’armée régulière n’a opposé que peu de résistance à l’avancée fulgurante du groupe rebelle Séléka. Fin 2011, Amnesty International avait dénoncé la faible capacité du pouvoir centrafricain à lutter contre les rébellions. Avant l’ouverture d’éventuelles négociations, le gouvernement centrafricain exige que les rebelles quittent les villes occupées.

 

Les rebelles du Séléka. Au cours du mois de décembre, la coalition rebelle Séléka, formée en 2006, s’est emparée de plusieurs villes centrafricaines. Rassemblés autour de la volonté de renverser le président Bozizé, les 300 à 400 membres de la coalition ont assuré ne pas vouloir s’emparer du pouvoir. Dans un communiqué publié mercredi 26 décembre, la rébellion a demandé aux soldats de l’armée régulière de déposer les armes. La coalition a assuré ne pas vouloir s’emparer de la capitale Bangui, considérant inutile de livrer bataille face à un président «a déjà perdu le contrôle du pays».

 

Les renforts tchadiens. Arrivé la semaine dernière, le contingent tchadien est positionné à l’entrée de Bangui. Ils semblent être le dernier rempart contre l’avancée des rebelles vers la capitale. Le Tchad est un allié historique de François Bozizé et avait déjà envoyé des troupes  pour l’aider à prendre le pouvoir en 2003 puis en renfort en 2010.

 

Le rôle de la France

Ex-puissance coloniale, la France a longtemps possédé une importante base militaire en Centrafrique. Mille deux cents Français y vivent actuellement.

A Bangui, plusieurs centaines de personnes ont lancé mercredi des projectiles vers l’ambassade de France. Ces proches du pouvoir voulaient dénoncer la passivité de la France, ancienne puissance coloniale, devant l’avancée des rebelles. François Bozizé a lui-même demandé de l’aide à Paris et Washington pour «faire reculer les rebelles».

Mais c’est une fin de non-recevoir que lui a adressé François Hollande ce jeudi. Les militaires français de Centrafrique présents à l’aéroport de Bangui n’ont pas pour mission de «protéger un régime» a affirmé le président français. «Si nous sommes présents, ce n’est pas pour protéger un régime, c’est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d’un pays, en l’occurrence la Centrafrique», a-t-il affirmé à la presse, ajoutant: «Ce temps là est terminé».  

La situation sur place 

Les pays de la région ne semblent pas non plus enclins ce jeudi soutenir François Bozizé. Même le Tchad, s’est refusé à le soutenir explicitement. N’Djamena a souligné qu’elles se cantonneraient à un rôle d’interposition.  La force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC), a annoncé jeudi l’envoi de nouvelles troupes pour sécuriser Bangui mais n’a donné aucun détail sur le nombre et la date d’arrivée de ces renforts. L’ONU et les Etats-Unis ont annoncé le retrait de la République centrafricaine de tous leurs employés jugés non indispensables et de leurs familles.