Italie: Un prêtre juge que les femmes provoquent la violence des hommes à leur égard

MONDE Le message, placardé sur son église, a déclenché une importante polémique dans le pays...

Corentin Chauvel

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Capture d'écran d'une vidéo de la «Repubblica» présentant la photo du père Piero Corsi, prêtre à San Terenzo (Italie).
Capture d'écran d'une vidéo de la «Repubblica» présentant la photo du père Piero Corsi, prêtre à San Terenzo (Italie). — 20minutes.fr

C’était pourtant un message de Noël. Mais le père Piero Corsi n’y a pas été de main morte en placardant sur son église de San Terenzo (Italie) que les femmes violentées en Italie étaient responsables de leur propre malheur, rapporte ce jeudi l’International Business News.

«Est-il possible que les hommes deviennent tous fous soudainement? Nous ne le croyons pas. De plus en plus de femmes provoquent, tombent dans l’arrogance, croient être indépendantes et exacerbent les tensions», a-t-il écrit. «Les enfants sont laissés seuls dehors, les maisons sont sales, les repas sont servis froids ou comme dans les fast-foods. Les femmes déclenchent les pires instincts, menant à la violence et aux abus sexuels», a-t-il ajouté.

Ordre de retirer son message

Cette note a immédiatement fait scandale dans tout le pays. Le prêtre a dû fermer sa page Facebook, inondée de commentaires haineux, indique l’International Business News, tandis que des associations féministes italiennes en appelaient au pape et au gouvernement.

Elles ont notamment été entendues par l’évêque de La Spezia, dont dépend le père Piero Corsi, qui s’est démarqué de son subordonné, lui ordonnant de retirer son message de l’église, soulignant qu’il était «contraire à ce que l’Eglise pense sur le sujet».

Le père Corsi en furie après les journalistes

Toutefois, le père Corsi n’en démord pas, poursuit le site britannique. «Je ne sais pas si vous êtes homosexuel ou ce que vous ressentez quand vous voyez une femme nue, mais n’est-ce pas violent de leur part de se dévoiler ainsi?», a-t-il réagi sur la Rai, avant d’accuser dans la Repubblica des «journalistes menteurs» méritant la peine de mort d’avoir déformé ses propos.

Les derniers rebondissements sur la controverse sont confus, selon l’International Business Times. Le père Piero Corsi aurait déclaré qu’il voulait quitter l’Eglise en raison de la «douleur et du regret» qu’il éprouvait après cette «provocation imprudente», ce qu’il a ensuite démenti. L’évêque de La Spezia lui a plutôt recommandé quelques jours de vacances à la place, d’après la Repubblica.