Centrafrique: Pour François Hollande, la France n'est pas là pour «protéger un régime»

MONDE Le président de la République a rappelé que la France n'avait pas pour mission de protéger le régime de François Bozizé...

Avec Reuters

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François Hollande à Paris, le 6 décembre 2012.
François Hollande à Paris, le 6 décembre 2012. — PETIT TESSON-POOL/SIPA/SIPA

La France n'est pas présente en Centrafique pour protéger le régime de François Bozizé, menacé par les rebelles de l'alliance Séléka, mais pour protéger ses ressortissants, a déclaré François Hollande jeudi matin en marge d'une visite au marché de Rungis, près de Paris.

«Si nous sommes présents, ce n'est pas pour protéger un régime, c'est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d'un pays, en l'occurrence la Centrafrique», a déclaré le chef de l'Etat. «Ce temps-là est terminé», a-t-il insisté.

Les Français de Bangui «n'ont pas été menacés»

Pourtant, le président centrafricain François Bozizé a demandé jeudi à la France et aux Etats-Unis de l'aider à repousser les rebelles du Séléka qui menacent la capitale, Bangui. «Nous demandons à nos cousins français et aux Etats-Unis, qui sont des grandes puissances, de nous aider à repousser les rebelles sur leurs positions initiales afin de permettre un dialogue à Libreville pour résoudre cette crise», a-t-il dit lors d'un discours prononcé sur la place principale de Bangui.

Mercredi, un ministre du gouvernement centrafricain avait également demandé l'intervention des soldats français stationnés dans le pays. Le même jour, des centaines de manifestants ont jeté des pierres contre la mission française à Bangui et déchiré le drapeau tricolore, dénonçant la passivité de Paris.

«Les Français qui résident à Bangui n'ont pas du tout été pris à partie, ils n'ont pas été menacés dans leur sécurité», a déclaré l'ambassadeur de France à Bangui, Serge Mucetti, au micro de RFI. «Il y a eu simplement un groupe de quelques dizaines (...) d'éléments incontrôlés qui profitent de la situation et qui veulent déstabiliser la communauté internationale, qui veulent affaiblir le gouvernement centrafricain en se livrant à des actes de violences comme ils l'ont fait (hier) matin devant la chancellerie de France.» François Hollande a cependant ordonné la sécurisation des ressortissants français et de l'ambassade de France à Bangui, en réponse à l'attaque du bâtiment par des manifestants progouvernementaux. L'ONU a rappelé hier son personnel «non essentiel».