Le cerveau des attentats du 11 Septembre va être jugé

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Le président américain George W. Bush a réclamé jeudi que l'attitude de "défi" de l'Iran dans la poursuite de ses activités nucléaires ait des "conséquences", tandis que son administration oeuvrait déjà à l'adoption de sanctions.
Le président américain George W. Bush a réclamé jeudi que l'attitude de "défi" de l'Iran dans la poursuite de ses activités nucléaires ait des "conséquences", tandis que son administration oeuvrait déjà à l'adoption de sanctions. — Tim Sloan AFP

Le président George W. Bush a annoncé mercredi que le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed, et 13 autres responsables d'Al-Qaïda, détenus par la CIA, avaient été transférés à Guantanamo pour être jugés par une commission militaire.
A Guantanamo, "ils sont sous la garde du département de la Défense", a-t-il dit dans un discours à la Maison Blanche.
"Les hommes qui, aux yeux de nos responsables du renseignement, ont orchestré la mort d'environ 3.000 Américains le 11 septembre 2001 pourront faire face à la justice" dès que le Congrès aura adopté une proposition de loi que M. Bush a annoncée le même jour pour permettre leur jugement par des commissions militaires.
Outre Khaled Cheikh Mohammed, un Pakistano-Koweitien capturé en 2003 et détenu depuis au secret, M. Bush a aussi cité Ramzi Ben Al-Shaba et Abou Zoubaydah.
Depuis leur capture, ils ont été interrogés par la CIA dans des prisons secrètes, dont M. Bush a admis la réalité.
C'est aussi la première fois que M. Bush reconnaissait que les Etats-Unis détenaient Khaled Cheikh Mohammed.
Il a reconnu que la CIA avait recours dans ses prisons secrètes à des méthodes d'interrogatoire "rudes". Il n'a pas précisé son propos, mais a assuré qu'elles avaient permis d'obtenir des "informations vitales" qui avaient permis de déjouer de nouvelles attaques, mais aussi de faire prisonniers des hommes comme Khaled Cheikh Mohammed.
Pour beaucoup, Khaled Cheikh Mohammed ne serait jamais jugé.
L'action de M. Bush contre le terrorisme, l'existence du camp de Guantanamo où sont détenus environ 450 prisonniers, pour la plupart sans charge formelle, ou encore celle de prisons secrètes, lui valent de nombreuses critiques dans la communauté internationale, y compris chez ses alliés.
M. Bush est constamment accusé aux Etats-Unis d'outrepasser ses pouvoirs au nom de la sécurité des Américains.
Il a affirmé que les 14 nouveaux détenus de Guantanamo seraient bien traités et a redit sa volonté de fermer le camp à terme.
M. Bush a expliqué la décision de transférer les 14 hommes à Guantanamo par la nécessité de rendre justice et par le fait que leurs interrogatoires étaient "largement terminés" et qu'une nouvelle législation pourrait être adoptée pour permettre leur procès.
Il a appelé le Congrès à voter rapidement la proposition qu'il lui soumettait le même jour.
Pour M. Bush, il s'agit de donner suite à une décision prise le 29 juin par la Cour suprême, qui empêchait l'administration de juger les prisonniers devant des commissions militaires, comme elle en avait l'intention.
La Maison Blanche fait cependant valoir que la Cour suprême a approuvé le recours à des tribunaux militaires pour autant que le Congrès légifère.
La Maison Blanche refuse à ceux qu'elle appelle des "ennemis combattants" certains droits comme l'accès aux preuves, dont l'exercice selon elle menacerait le secret de la lutte contre le terrorisme et la sécurité nationale.
L'annonce du transfert de 14 figures éminentes d'Al-Qaïda participe de la nouvelle offensive menée depuis la semaine passée par la Maison Blanche pour défendre son action contre le terrorisme.
Le discours prononcé par M. Bush était le troisième depuis vendredi.
Pour l'administration, il s'agit de tirer le meilleur parti politique du cinquième anniversaire du 11-Septembre et persuader les Américains, deux mois avant les élections parlementaires du 7 novembre, que leur protection est le devoir le plus impérieux du gouvernement et que les Républicains sont les mieux capables de le remplir.
Il s'agit aussi d'associer la mission irakienne et la "guerre globale contre le terrorisme".
L'opposition démocrate entend elle convaincre que l'engagement irakien n'a rien à voir avec le combat contre le terrorisme et que les Etats-Unis sont moins en sécurité aujourd'hui.
L'Irak s'annonce comme un des thèmes majeurs de la campagne avant des élections à l'issue indécise.