Syrie: les rebelles capturent une base dans la région d'Alep

Avec Reuters

— 

Les rebelles syriens ont capturé une base militaire dans le nord du pays et saisi des armes dont ils espèrent qu'elles les protégeront des raids aériens des forces gouvernementales.
L'opération a duré quatre heures, sous couvert de la pluie et du brouillard. Deux cents hommes y ont participé, commandés par le colonel Anas Ibrahim Abou Zeid, ont expliqué les rebelles en faisant visiter samedi aux journalistes la base de la 135e brigade d'infanterie dans le village d'Hawa, dans la région majoritairement kurde d'Alep.
Les insurgés ont trouvé environ 150 soldats sur place, alors que l'installation peut abriter jusqu'à 3.000 hommes, précise le colonel Zeid. Dix à quinze soldats ont été faits prisonniers. Aucun mot n'est dit sur le sort des autres, même si on peut apercevoir un corps.
Les rebelles disent avoir perdu six hommes.
Une fois saisies, les armes trouvées sur place ont été disséminées dans des endroits tenus secrets de la campagne d'Alep, la grande métropole du Nord d'où proviennent la plupart des rebelles combattant dans la région.
Dans un entrepôt niché au coeur d'une zone d'habitation, les rebelles montrent leur butin: deux canons de 57 mm et trois canons antiaériens de 14-1/2 mm.
Les armes semblent n'avoir jamais été utilisées. Elles sont encore graissées et enveloppées dans du papier brun.
Nous pouvons abattre des avions et des hélicoptères (...) en utilisant plus d'un canon antiaérien. Cela nous assure une puissance de feu supérieure au même moment sur la cible", déclare Abou Zeid, un homme à la barbe légèrement grisonnante habillé en tenue de combat.
L'officier a déserté en février de la 4e division blindée dirigée par Maher el Assad, le frère du président Bachar al Assad.
Il explique avoir décidé de mener le raid contre la base après avoir appris qu'un avion y larguerait des munitions le lendemain.
Les insurgés ont aussi saisi plusieurs dizaines de caisses contenant des fusils d'assaut Kalachnikov, des grenades RPG, des baïonnettes, des grenades, 22 boîtes de masques à gaz.
Juchée sur une colline surplombant des kilomètres d'oliveraies, la base, explique encore le colonel Zeid, servait à ravitailler et réapprovisionner les troupes basées dans le nord du pays.
Selon les militants, l'installation a été construite en 2004 au moment de tensions entre le pouvoir et la minorité kurde. D'après eux, en raison de sa présence en territoire majoritairement kurde, l'armée ne l'a pas utilisée pour affronter la rébellion de peur que les kurdes se rangent aux côtés des insurgés.