Russie: Vladimir Poutine critique la législation européenne sur l'énergie

Reuters

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Le président Vladimir Poutine a qualifié ce vendredi à Bruxelles, en marge du sommet Union européenne-Russie, de «non civilisée» la législation des Vingt-sept sur l'énergie, condamnant notamment son caractère rétroactif.

Lors de sa première visite au siège de l'UE depuis sa réélection en mai, Vladimir Poutine a été accueilli par quatre femmes à la poitrine dénudée qui protestaient contre la répression politique en Russie au cri de «Poutine, en enfer!». Les jeunes femmes ont été rapidement emmenées par des policiers.

«Une décision non civilisée»

Les relations entre l'UE et la Russie, principal fournisseur d'énergie des Européens et un important partenaire commercial, sont empoisonnées par une série de contentieux sur les gazoducs.

Les Européens sont dépendants de la Russie pour assurer un quart environ de leurs besoins en gaz naturel mais les litiges opposant Moscou à ses anciens satellites soviétiques, comme l'Ukraine et la Biélorussie, perturbent les approvisionnements de gaz russe au Vieux Continent.

Ces litiges ont amené les Vingt-sept à chercher à diversifier leurs approvisionnements en énergie. «Naturellement, l'UE a le droit de prendre toutes les décisions qu'elle juge utile mais comme je l'ai dit, (...) nous sommes stupéfaits par le caractère rétroactif de cette décision. C'est une décision non civilisée», a déclaré Vladimir Poutine à la presse.

«Immense potentiel pour une coopération»

Il faisait allusion à une législation européenne créant un marché unique de l'énergie et empêchant ceux qui contrôlent les approvisionnements, dont le géant russe Gazprom, de dominer aussi les réseaux de distribution.

Pour le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, il existe «un immense potentiel pour une coopération» qui soit bénéficiaire pour les deux parties. «Je pense que nous devrions en fait être capable de transformer ce qui est aujourd'hui une interdépendance par nécessité en une interdépendance par choix, un choix politique. Cela demande une volonté politique de part et d'autre», a-t-il dit.