Inde: Une affaire de viol collectif provoque la colère d'habitants à Delhi

© 2012 AFP
— 

Le viol collectif d'une étudiante dans un bus à New Delhi a fait  descendre dans la rue mercredi des habitants scandalisés réclamant le  respect pour les femmes tandis que Sonia Gandhi, la présidente du parti  au pouvoir, a exhorté le gouvernement à réagir.

Des  manifestants en colère se sont rassemblés devant la résidence de la chef  du gouvernement de New Delhi pour protester contre le viol d'une jeune  femme de 23 ans dimanche soir alors qu'elle rentrait avec son ami d'une  sortie au cinéma. «Nous voulons des droits égaux pour les femmes»,  pouvait-on lire sur des banderoles. En Inde, société dominée par les  hommes où les agressions en ville sont fréquentes, de plus en plus de  voix s'élèvent pour que les pouvoirs publics mettent un terme à l'idée  selon laquelle les femmes violées sont responsables.

«On veut pouvoir sortir»

Une  jeune participante, étudiante à l'université de New Delhi, appelait à  un urgent changement d'attitude au sein des autorités. «On dit aux  femmes que si elles sortent tard le soir, elles seront violées. On doit  nous donner des droits égaux (aux hommes), on veut pouvoir sortir à  Delhi à minuit si l'on veut», plaidait cette manifestante auprès de  l'AFP.

La police a fait usage de canons à eau lorsque certains  manifestants ont tenté d'arracher des barrières protégeant l'accès à la  résidence officielle de Sheila Dikshit. Sonia Gandhi, la chef du parti  du Congrès au pouvoir, a estimé que ce viol était un sujet de honte pour  la capitale fédérale et méritait «l'attention urgente du gouvernement».

Le  ministre de l'Intérieur, Sushilkumar Shinde, a de son côté annoncé au  parlement que les bus dotés de vitres teintées et d'épais rideaux ne  seraient plus autorisés à rouler, une mesure devant prendre effet  immédiatement. Cité par la chaîne d'informations NDTV, le Premier  ministre, Manmohan Singh, a fermement condamné un «crime odieux, très  bouleversant».

Violée par six personnes dans un bus

Dimanche  soir, l'étudiante en kinésithérapie et son ami étaient montés à bord  d'un bus scolaire presque vide qui n'était pas en service, après que le  chauffeur leur avait proposé de les emmener pour le prix d'un ticket  normal. Selon la police, la jeune femme a été violée dans le bus par les  six hommes présents, dont le chauffeur, avant d'être balancée hors du  véhicule. Avant le viol, son ami a, lui, été battu avec des barres en  fer. Quatre des présumés coupables ont été arrêtés lundi.

La  victime, hospitalisée, était dans un état jugé sérieux tandis que son  compagnon, un ingénieur informatique de 28 ans, a été hospitalisé pour  de multiples blessures.

En Inde, les violeurs sont passibles d'une  peine de dix ans d'emprisonnement mais le chef de la police de New  Delhi a demandé mardi la peine de mort pour les coupables: «Nous allons  réclamer la peine de prison à perpétuité et envoyer une proposition au  gouvernement pour la peine de mort», a déclaré Neeraj Kumar.

Cette  affaire a suscité l'indignation médiatique et provoqué un débat au  parlement, des membres de l'assemblée, notamment parmi l'opposition,  réclamant que les coupables soient pendus. Le nombre de viols en Inde a  plus que doublé entre 1990 et 2008, selon les chiffres officiels. Selon  la police, la capitale fédérale figure désormais en tête des villes les  moins sûres du pays, avec 489 affaires de viols en 2010, contre 459 en  2009, ce qui lui vaut le surnom de "capitale indienne du viol".