Felipe Calderon: le changement dans la continuité

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Il s'agit du scrutin le plus serré de l'histoire du Mexique. Une victoire de Lopez Obrador ferait pencher un peu plus à gauche l'Amérique latine, le Brésil, l'Argentine, le Venezuela et la Bolivie étant déjà dirigés par des gouvernements de gauche ou de centre-gauche.
Il s'agit du scrutin le plus serré de l'histoire du Mexique. Une victoire de Lopez Obrador ferait pencher un peu plus à gauche l'Amérique latine, le Brésil, l'Argentine, le Venezuela et la Bolivie étant déjà dirigés par des gouvernements de gauche ou de centre-gauche. — Susana Gonzalez AFP

En promettant le changement dans la continuité Felipe Calderon, 43 ans, conservateur catholique, se veut à la fois l'héritier de la politique économique du président Vicente Fox et l'initiateur d'un nouveau mode de gouvernement.

Ce père de deux enfants, avocat de formation, a été baptisé dans le PAN (Parti d'action nationale), élevé dans le PAN --son père est l'un des fondateurs de ce parti de droite --, et marié avec le PAN --sa femme Margarita Zavala est députée du parti--. A 8 ans, il distribue des tracts du parti, à 18, il l’intègre, à 33, il en devient le secrétaire général, puis à 36 le président. Objectif : lutter comme toute la famille contre le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), au pouvoir depuis 1929.

Têtu derrière des lunettes à monture légère, il l'a emporté par deux fois dans son histoire politique, en bataillant au sein du PAN contre les choix de ses dirigeants, ce qui lui a valu le surnom "d'enfant désobéissant". En 1996, il n'était pas le candidat du président du PAN de l'époque, Castillo Peraza, pour la succession. Il n'était pas non plus l'élu du président Vicente Fox, qui préférait son ministre de l'Intérieur Santiago Creel, pour mener la campagne de 2006.
"Je suis comme les bons chevaux", répète-t-il. "Plus les obstacles sont hauts, plus je saute haut et je les passe tous". D'ailleurs, pour avoir les mains libres et faire avancer sa candidature, il n'a pas hésité à démissionner de son poste de ministre de l'Energie en 2004.

Felipe Calderon ne propose aucune révolution au Mexique, ni de recettes miracles, mais d'accentuer la politique économique libérale en cours et de lutter sans concession contre la corruption et les narcotrafiquants. En revanche, il veut changer la façon de gouverner pour en finir avec l'immobilisme qui a marqué les six ans de pouvoir de Vicente Fox. Pour cela, en se qualifiant lui-même de "bon négociateur", il se trouve être le seul des candidats à proposer un gouvernement d'union nationale ou de coalition dans le cas où aucune majorité ne sera élue au Congrès. Le catholique pratiquant se retrouve dans son opposition à l'avortement ou au mariage homosexuel, mais il se présente comme un modéré respectueux de la liberté individuelle.