L'armée britannique peine à faire face

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L'armée de Sa Majesté souffre en Afghanistan. Un soldat britannique et quatre civils afghans ont été tués, hier à Kaboul, par une voiture piégée. Une attaque suicide qui intervient après le décès, samedi au sud du pays, de quatorze militaires britanniques tués dans l'accident de leur avion, au premier jour de Medusa, l'opération contre les talibans. Un drame qui porte à trente-sept (dont quinze au combat) le nombre de soldats de la reine morts en Afghanistan depuis la fin 2001. Et qui relance les critiques sur les capacités humaines et matérielles de l'armée. La presse rappelle notamment que le Nimrod qui s'est écrasé près de Kandahar est un appareil de conception ancienne, dont le remplacement est retardé depuis des années.

« Nous sommes en surchauffe. Pouvons-nous faire face ? Tout juste », a admis le nouveau commandant en chef de l'armée, le général Richard Dannatt, hier dans The Guardian. Pour lui, l'armée britannique est en Afghanistan « pour longtemps », elle y fait « plus que sa part » et la possibilité de réduire de moitié, vers le milieu de 2007, le contingent en Irak n'a jamais constitué qu'un « espoir », les précédents « espoirs » concernant l'Irak ne s'étant d'ailleurs pas concrétisés. Alors que les appels pour accroître le budget de la défense se multiplient, il estime que ce n'est pas à lui de juger si consacrer 5 % du budget l'Etat à la défense (contre 29 % pour la sécurité sociale) est suffisant. « Il faut qu'il y ait un débat national », a-t-il conclu.

C. Lemaistre

L'opération qui a débuté samedi mobilise 2 000 hommes de l'Otan et des forces de sécurité afghanes. Son objectif est de chasser les talibans du district de Panjwayi, au sud.