Mandat d'arrêt syrien contre l'ancien PM libanais Saad Hariri

Reuters

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La Syrie a émis un mandat d'arrêt contre l'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri pour «crimes terroristes» en l'accusant de financer et d'armer les insurgés cherchant à renverser le président syrien Bachar al-Assad.

L'agence officielle de presse syrienne Sana ajoute qu'une mesure similaire a été prise contre Oqab Saqr, membre du Courant du Futur de Saad Hariri, et contre l'opposant syrien Louay Meqdad. La Syrie a saisi Interpol.

Saad Hariri est le fils de Rafic Hariri, Premier ministre libanais assassiné en février 2005 dans un attentat pour lequel un tribunal soutenu par l'Onu accuse des membres du Hezbollah libanais, mouvement soutenu par Damas.

Acheminement d'armes

Il a exprimé un soutien constant aux opposants cherchant depuis mars 2011 à renverser Bachar al-Assad. En privé, des rebelles syriens affirment que des responsables politiques libanais, parmi lesquels Oqab Saqr, installé en Turquie depuis des mois, participent à l'acheminement d'armes en provenance de tierces parties à destination des insurgés combattant les forces du régime Assad en Syrie.

Oqab Saqr assure ne fournir qu'une aide humanitaire en Syrie. Un enregistrement sonore a toutefois fait surface dans lequel on l'entend discuter avec Louay Meqdad. Les deux hommes semblent discuter de fournitures d'armes. L'enregistrement a été diffusé par une chaîne de télévision libanaise. Oqab Saqr assure que c'est un faux.

«Le parquet général (de Syrie) a été saisi après que des enregistrements ont mis au jour la participation (des trois hommes) dans la fourniture d'argent et d'armes aux terroristes en Syrie», a déclaré le procureur général Mohamed Marouane al Lodji, cité par Sana.

Selon ce dernier, ces enregistrements prouvent également que les trois hommes participent à l'envoi de combattants libanais en Syrie. Ces accusations sont lancées le jour même où, au Liban, un juge a convoqué deux officiers syriens, dont le général Ali Mamlouk, chef de la sûreté nationale syrienne, devant un tribunal militaire de Beyrouth le 14 janvier.

Avec l'ancien ministre libanais de l'Information Michel Samaha, ces deux hommes ont été inculpés en août de complot visant à déstabiliser le Liban par une vague de violences.