Kyoto fait son chemin en Californie

©2006 20 minutes

— 

George W. Bush se moque de l'effet de serre, pas les Américains. Malgré le refus de l'administration de ratifier le protocole de Kyoto, et plus largement de lutter contre les émissions de CO2, de plus en plus d'Etats américains partent en guerre contre le réchauffement climatique. La Californie vient ainsi d'adopter, jeudi dernier, une loi prévoyant de réduire les émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990 d'ici à 2020. L'objectif, plus modeste que celui de Kyoto (réduction d'ici à 2012 à 5 % en dessous du niveau de 1990), reste néanmoins ambitieux.

Au terme de longues négociations avec les démocrates californiens, qui contrôlent le congrès local, et avec les associations écologistes, le gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger, candidat à sa réélection en novembre, a accepté la mesure, qui prend pourtant le contre-pied des positions de Bush. Pour le « Gouvernator », qui a fait savoir qu'il ne souhaitait pas recevoir le soutien du Président lors de sa campagne, le mouvement s'inscrit dans une stratégie « à gauche toute » qui lui a permis, ces derniers mois, de remonter dans les sondages. Le thème de l'environnement est en effet revenu en force chez les démocrates, notamment sous l'effet de la hausse du prix de l'essence. Le succès du documentaire réalisé par l'ex-candidat à la présidentielle Al Gore en est un des symboles.

La Californie n'est pas le seul Etat à se préoccuper du réchauffement climatique. Sept Etats de l'est du pays ont déjà adopté des mesures pour diminuer les émissions de dioxyde de carbone par les centrales électriques. Certains industriels protestent, assurant, comme la chambre de commerce de Californie, que ces mesures « n'auront aucun effet pour l'environnement et ne serviront qu'à encourager les délocalisations ». Mais Schwarzy a pris son virage écologique après que sa décision eut reçu le soutien d'une autre partie des entrepreneurs, ceux de la Silicon Valley, qui espèrent favoriser ainsi l'apparition de nouvelles technologies.

Aux Etats-Unis, Emmanuel Saint-Martin