L'Arbetsförmedlingen, l'agence qui coache les chômeurs

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Fredrik Möller, l'un des responsables du Pôle emploi suédois.
Fredrik Möller, l'un des responsables du Pôle emploi suédois. — C. BOFF / 20 MINUTES

La crise n'épargne pas l'industrie suédoise, dont la moitié de la production est vendue à l'étranger. Pourtant, le taux de chômage plafonne à 8,6 % (9,9 % en France). Et même à 6,8 % à Stockholm. La gestion de ces demandeurs d'emploi incombe à l'Arbetsförmedlingen, le Pôle emploi suédois.
Première surprise : cette agence ne s'occupe pas de leur indemnisation. Qui est d'ailleurs conditionnée à la possession d'une « A-Kassa », comprenez d'une assurance à contracter pendant que l'on travaille et dont la cotisation varie de 10 à 40 € par mois. « Plus il y a de chômage dans son secteur, plus on paie », résume Fredrik Möller, de l'Arbetsförmedlingen. Au chômage, un Suédois reçoit au maximum 1 600 € par mois. Une indemnité qui n'a pas été réévaluée depuis dix ans. Et comme le revenu moyen est d'environ 3 200 €, la majorité des Suédois gagne 55 % de leur ancien salaire.
A peine inscrit, le demandeur d'emploi signe son plan personnel où sont détaillés les objectifs à atteindre, les formations à suivre, les stages à effectuer. Un seul manquement et les allocations sont suspendues. Ou arrêtées. Passé 300 jours, le suivi passe à la vitesse supérieure. Soit encore plus de formation, de stage et de coaching. Et les conseillers sont très motivés. Entre autres parce qu'ils sont rémunérés à la performance. « Le salaire d'embauche ne suit pas de grille et dans notre agence, l'augmentation annuelle varie de 2 à 5 %, selon l'atteinte de nos objectifs », précise Fredrik Möller.