Crise en Italie: Berlusconi entre en lice, Monti annonce sa démission

ITALIE Mario Monti ne juge plus «possible de poursuivre son mandat»...

avec AFP

— 

Mario Monti à Cannes le 8 décembre 2012.
Mario Monti à Cannes le 8 décembre 2012. — Lionel Cironneau/AP/SIPA

Silvio Berlusconi devait commencer ses consultations politiques ce dimanche pour lancer sa campagne en vue de vaincre aux élections de 2013, un jeu hasardeux, alors qu'un Mario Monti amer a choisi de démissionner après le vote du budget, expliquant qu'il n'avait pas les moyens d'aller de l'avant

Ainsi la crise qui enflait depuis plusieurs jours est à son comble: la rupture a été consommée en un jour et Silvio Berlusconi occupe à nouveau le terrain.

Une démission «irrévocable»

Selon un communiqué du Quirinal, la présidence de la République, résumant un entretien avec le président Giorgio Napolitano, Mario Monti ne juge plus «possible de poursuivre son mandat et a manifesté en conséquence son intention de présenter sa démission».

L'ancien commissaire européen, qui a introduit en Italie une rigueur sans précédent, entend d'abord «vérifier» si les forces politiques qui ont soutenu son gouvernement de techniciens depuis fin 2011 sont prêtes à être cohérentes avec leurs engagements, et donc à voter le budget. Il lance au passage un avertissement: un échec à approuver le budget avant le 31 décembre aurait des conséquences très graves pour l'Union européenne et pour l'Italie. Une fois le vote obtenu, Mario Monti a la volonté «irrévocable» de remettre sa démission.

Berlusconi «entre en scène pour gagner»

Quelques heures plus tôt, l'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, 76 ans, a créé la surprise samedi en annonçant qu'il entendait se présenter comme candidat du centre-droit aux élections législatives de 2013, qui en principe doivent avoir lieu en mars. «J'entre en scène pour gagner», a assuré le Cavaliere lors d'une déclaration improvisée à l'entrée du centre d'entraînement du Milan AC, son club de football. Berlusconi s'était dit trois jours plus tôt «assailli de demandes» de ses proches pour qu'il sauve une «Italie au bord du précipice», minée par le chômage et l'alourdissement de la fiscalité.

Commentant samedi le soutien loyal apporté depuis un an au cabinet Monti par son parti, le Peuple de la liberté (PDL), dans une alliance obligée et inédite avec le centre-gauche, Silvio Berlusconi a observé: «Nous avons fait preuve d'une grande responsabilité et avons soutenu ce gouvernement en cherchant à corriger les mesures qui ne nous convainquaient pas. Mais aussi en affirmant toujours qu'une politique d'austérité sur une économie qui ne croît pas provoque des dommages.» «Tous les chiffres sont moins bons qu'il y a un an», a assuré le magnat de la télévision privée, tout en confirmant que son parti voterait les textes en cours d'examen au Parlement, à commencer par la loi budgétaire.

Le PDL est au bord de la scission entre modérés et aile droite. Un récent sondage de l'Institut SWG le créditait de moins de 14% (13,8%) au prochain scrutin national, alors qu'il avait triomphalement remporté celui de 2008 avec 38%. Berlusconi a annoncé une réunion ce dimanche du PDL, ainsi que des contacts avec son ex-allié populiste, la Ligue du Nord.