Irlande du Nord: Manifestation à Belfast après des violences contre des policiers

Avec Reuters

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Au moins huit policiers ont été blessés dans la nuit de vendredi à samedi en Irlande du Nord lors d'émeutes provoquées par le retrait du drapeau britannique du sommet de la mairie de Belfast.
Samedi après-midi, 2.000 manifestants, la plupart brandissant l'Union Jack, se sont rassemblés devant le Belfast City Hall, imposant bâtiment du XIXe siècle, pour clamer leur attachement à la couronne britannique. Nombre d'entre eux avaient le visage masqué.

«Fiers d'être britanniques»

Un manifestant a été ovationné par la foule lorsqu'il a brûlé le drapeau tricolore de la République d'Irlande, vert-blanc-orange. «Fiers d'être britanniques», «Nous ne nous rendrons jamais», pouvait-on lire sur les banderoles. Des centaines de policiers déployés à proximité ne sont pas intervenus. «Nous resterons tant que le drapeau ne flottera pas de nouveau sur l'hôtel de ville», a promis un manifestant. Depuis le début des violences en milieu de semaine, 28 membres des forces de l'ordre ont été blessés.

Les partis politiques loyalistes ont condamné ces émeutes déclenchées par la décision prise lundi par le conseil municipal et les accords de partage du pouvoir avec les nationalistes catholiques ne semblent pas menacés. Dans la nuit de vendredi à samedi, plusieurs dizaines de jeunes, beaucoup ceints de l'Union Jack, ont lancé des pierres et des cocktails Molotov en direction des policiers à Newtownabbey, un faubourg majoritairement protestant au nord de Belfast. Au moins deux voitures ont été volées et incendiées. Sept personnes ont été arrêtées, dont un garçon de 13 ans, a dit la police.

Tensions autour du drapeau

Des émeutes ont aussi éclaté dans le secteur de Shaftesbury Square, près du centre de Belfast. Des troubles ont également été signalés dans les quartiers de Ligoniel et de Crumlin Road dans le nord de la capitale provinciale. Les élus nationalistes du Sinn Féin et du SDLP au conseil municipal de Belfast ont obtenu que le drapeau britannique, qui flottait sans discontinuer sur le dôme de la mairie depuis sa création en 1906, ne soit plus hissé que 17 jours dans l'année, ce qui est déjà le cas au siège de l'assemblée provinciale à Stormont.

Cette décision a suscité la colère de certains loyalistes protestants, qui défendent le maintien de l'Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni. Des responsables politiques, bien que favorables eux aussi à l'alliance avec la couronne d'Angleterre, ont accusé la Force des volontaires de l'Ulster (UVF), formation paramilitaire loyaliste, d'organiser ces émeutes par le biais des réseaux sociaux sur internet. L'accord de paix du vendredi saint, conclu en avril 1998, a débouché sur un accord de partage du pouvoir entre loyalistes protestants et nationalistes catholiques en Irlande du Nord. Il a aussi mis globalement fin à des décennies de violences, même si des émeutes éclatent encore régulièrement. L'«assistant chief constable» Will Kerr, l'un des responsables de la police nord-irlandaise, a déclaré que les troubles actuels risquaient de provoquer des morts. Il avait exhorté la population à ne pas participer à la manifestation de samedi devant l'hôtel de ville.