Mali: Le président ivoirien Alassane Ouattara juge une intervention militaire «indispensable»

Sipa

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Le président ivoirien Alassane Ouattara a déclaré mardi soir qu'une intervention militaire panafricaine au Mali lui paraissait «indispensable» et ce dans «les meilleurs délais», jugeant la question d'une «très grande urgence», à sa sortie d'un entretien avec François Hollande à l'Elysée.

«Il faut bien sûr le dialogue politique, mais une intervention militaire me paraît indispensable, et dans les meilleurs délais», a-t-il déclaré à l'issue de son entretien avec le président français. «Les forces ouest-africaines et africaines sont quasiment prêtes; le nombre par pays a été arrêté ces jours-ci et nous attendons la résolution des Nations unies».

Une très grande urgence

«Nous sommes totalement en phase avec le président Hollande, qui nous apporte son soutien. La question malienne est d'abord une question ouest-africaine (...) Pour nous, c'est une question qui a une très grande urgence», a-t-il insisté.

La semaine dernière, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a estimé que le plan présenté par l'Union africaine pour intervenir au Mali «devait être davantage développé» à cause de questions fondamentales qui restent en suspens sur la direction de cette intervention et l'entraînement et l'équipement de ses membres. L'Union africaine avait alors fait part de son souhait d'une intervention militaire immédiate.

Résolution avant la fin de l'année

De son côté, la France, qui s'est engagée à soutenir l'opération sur le plan logistique, espère qu'une résolution sera adoptée par l'ONU d'ici la fin de l'année.

Des groupes islamistes armés se sont emparés du Nord-Mali à la faveur de la déstabilisation du pays par le coup d'Etat de l'armée fin mars dernier dans la capitale, Bamako (sud). Les djihadistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), d'Ansar Dine et du Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest) ont accompagné les Touaregs dans leur offensive avant de les chasser.

Le 13 novembre, l'Union africaine a demandé au Conseil de sécurité le feu vert pour l'envoi d'une force militaire de 3.300 hommes dans le nord du Mali.