En cavale, John McAfee va demander l'asile au Guatemala

P.B. avec AFP

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John McAfee, fondateur et ex-patron américain de la société éponyme de sécurité informatique recherché par le Belize dans le cadre d'une enquête sur un meurtre, a annoncé mardi qu'il allait demander l'asile politique au Guatemala, pays voisin.
John McAfee, fondateur et ex-patron américain de la société éponyme de sécurité informatique recherché par le Belize dans le cadre d'une enquête sur un meurtre, a annoncé mardi qu'il allait demander l'asile politique au Guatemala, pays voisin. — Johan Ordonez afp.com

La saga McAfee continue. Recherché par le gouvernement de Belize pour être interrogé dans une affaire de meurtre, l'ex-patron de la firme antivirus du même nom a trouvé refuge au Guatemala, et il va y demander l'asile politique.

McAfee continue le live-blogging de sa fuite, avec trois billets publiés entre mardi et mercredi. Dans le dernier, il annonce une conférence de presse qui se tiendra jeudi à 14 heures (21h00 en France). Il se dit prêt à répondre aux questions des autorités «par téléphone» et à rencontrer le Premier ministre belizéen «dans un pays neutre».

 

Il embauche un avocat

 

«Nous demandons l'asile politique», a expliqué John McAfee à des journalistes dans un restaurant de la zone touristique de Guatemala, la capitale, où il déjeunait en compagnie de son avocat guatémaltèque, Telésforo Guerra.

 

Ce dernier précisé qu'ils «préparent les documents pour solliciter l'asile politique en raison de la persécution acharnée» dont serait victime son client de la part du gouvernement du Belize. «La demande se fait auprès du ministre des Affaires étrangères (...) Nous pensons qu'il n'y aura aucune difficulté à l'obtenir, je pourrais dire qu'il s'agit à 100% d'un droit de l'homme, en outre protégé par le droit international», a poursuivi Me Guerra. Il assure que son client «craint pour sa vie, parce qu'après avoir tant soutenu le gouvernement actuel du Belize, ce dernier voulait aujourd'hui toujours plus d'argent».

 

Telesforo Guerra, avocat reconnu au Guatemala, représente également l'ancien dictateur Efrain Rios Montt (1982-1983), accusé de génocide pendant la guerre civile, et Alfonso Portillo, président entre 2000 et 2004, poursuivi pour corruption et blanchiment d'argent portant sur des dizaines de millions de dollars.

 

Accusations de corruption

 

La police de Belize recherche l’excentrique informaticien depuis plusieurs semaines pour l'interroger sur le meurtre le mois dernier d'un de ses compatriotes, Gregory Faull, retrouvé mort dans la piscine de son domicile sur l'île d'Ambergris Caye, au large du Belize, dans la mer des Caraïbes. Cet Américain, âgé de 52 ans, voisin de John McAfee sur l'île, a été tué par balles. Il n'y avait aucun signe d'effraction mais son téléphone et son ordinateur portables avaient disparu.

 

L'ex-patron de la société anti-virus McAfee avait déclaré au magazine américain Wired qu'il était inquiet parce que les tueurs de Faull étaient à sa recherche. Avant son meurtre, le voisin avait adressé aux autorités locales une lettre pour se plaindre des chiens de M. McAfee et de l'agressivité de ses gardes de sécurité, qui effrayaient les touristes et les voisins. Peu de temps après, les chiens avaient été retrouvés morts. McAfee avait accusé les autorités, qui se vengeraient car il refuse de verser des pots de vin. Pour le Premier ministre du Belize, Dean Barrow, John McAfee est «fou» et «paranoïaque».

 

Avant de se rendre au Guatemala, McAfee a multiplié les fausses pistes sur son blog, affirmant par exemple se trouver à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, et avoir envoyé au Mexique un «sosie» muni d'un passeport nord-coréen à son nom, destiné à tromper les autorités. Mais la publication d'une photo sur le site Vice, où l'on voyait une carte, a révélé sa véritable position.