D'où vient le syndrome de Stockholm ?

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Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à adopter le point de vue de ceux-ci. Ce comportement paradoxal des victimes de prise d'otage a été décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain F. Ochberg, qui lui donne le nom de «syndrome de Stockholm». 


Le 23 août 1973, un évadé de prison, Jan Erik Olsson, tente de commettre un hold-up dans l'agence de la Kreditbanken du quartier de Norrmalmstorg à Stockholm. L'intervention des forces de l'ordre l'oblige à se retrancher dans la banque, où il prend en otage quatre employés, avec un ex-compagnon de cellule. Six jours de négociation aboutissent finalement à la libération des otages. Curieusement, ceux-ci s'interposeront entre leurs ravisseurs et les forces de l'ordre. Par la suite, ils refuseront de témoigner à charge, contribueront à leur défense et iront leur rendre visite en prison. Il a même été dit qu'une des victimes a fini par épouser Jan Erik Olsson, mais ce fait fut démenti. 


Le syndrome de Stockholm est bien plus que de simples relations de sympathie entre des otages et leurs ravisseurs. C'est une interaction complémentaire en "creux-relief" dans une relation affective intense du type parent-enfant, maître-disciple, voyeurisme-exhibitionnisme, sadisme-masochisme. C'est une situation de dépendances mutuelles où la "victime" a besoin d'un "bourreau" pour exister en tant que telle et vice-versa. 


Trois conditions sont nécessaires à l’apparition de ce syndrome. L'agresseur doit être capable d'une conceptualisation idéologique suffisante pour pouvoir justifier son acte aux yeux de sa ou ses victimes, il ne doit exister aucun antagonisme ethnique, aucun racisme, ni aucun sentiment de haine des agresseurs à l'égard des otages, et il est nécessaire que les victimes potentielles n'aient pas été préalablement informées de l'existence de ce syndrome. 


Les principaux symptômes se manifestent de la façon suivante : un sentiment de confiance, voire de sympathie se développe chez les otages vis-à-vis de leurs ravisseurs ; ces derniers nourrissent également un sentiment positif à l’égard de leurs captifs. Pour finir, les victimes se montrent hostiles à l’égard des forces de l’ordre. 


Parmi les cas célèbre du syndrome de Stockholm figure celui de Patricia Campbell Hearst (plus connue sous le nom de Patricia Hearst). Héritière du magnat de la presse Randolph Hearst, elle fut enlevée en février 1974 à l’âge de 20 ans par l’Armée de libération symbionaise. Un groupement qui, au lieu d’exiger une rançon, demandera que de la nourriture soit distribuée aux nécessiteux. Le père de Patricia organisera devant des supermarchés la distribution de nourriture, mais le plus étonnant est le ralliement de Patricia Hearst à la cause de ses ravisseurs. Gagnée par le syndrome de Stockholm, la riche héritière participera à des attaques à main armée, et sera condamnée pour ces faits à sept années de prison, peine réduite à deux ans par le Président Jimmy Carter. Après sa peine de prison, Patricia Hearst se marie avec son garde du corps, Bernard Shaw. Elle vit actuellement avec son mari et ses deux enfants dans le Connecticut