à la BCE, C'est un garçon !

Céline Boff

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Yves Mersch a été nommé au directoire de la Banque centrale européenne.
Yves Mersch a été nommé au directoire de la Banque centrale européenne. — L. KRABBE / AP / SIPA

Ils devaient fixer le prochain budget de l'Europe. Les dirigeants de l'Union n'y sont pas parvenus lors de leur dernier sommet à Bruxelles, mais ceux de la zone euro sont tombés d'accord sur un point : nommer le Luxembourgeois Yves Mersch au directoire de la Banque centrale européenne (BCE). Et ce, alors que le Parlement – c'est-à-dire les députés élus par les Européens – s'était prononcé contre cette candidature le 25 octobre.

23 responsables, 23 hommes
Rappelons que ces mêmes chefs d'Etat et de gouvernement avaient planché en juin, lors d'un autre sommet, sur les moyens de donner davantage de légitimité démocratique aux institutions européennes. Or, en passant outre l'avis du Parlement, ils creusent un peu plus le déficit de démocratie dont souffre l'Europe, mais aussi son déficit de parité. Si les eurodéputés avaient voté contre la candidature d'Yves Mersch, c'était dans l'espoir de voir une femme nommée à ce poste. Parce qu'à la BCE, les 23 responsables sont tous… des hommes. Ce qui ne manque pas de faire tache au moment même où Bruxelles impose aux entreprises privées d'avoir au moins 40 % de femmes dans leurs conseils d'administration d'ici à 2020. Trouver une femme pour la BCE n'était même pas mission impossible puisqu'une liste d'une quinzaine de candidates compétentes avait circulé. « En violant les principes d'égalité et de démocratie que les chefs d'Etat et de gouvernement affichent eux-mêmes dans leurs beaux discours, (…) c'est à l'affaiblissement collectif de l'Europe qu'ils ont œuvré », estime l'eurodéputée Sylvie Goulard.