L'Elysée aurait été cyberattaqué par les Etats-Unis

DIPLOMATIE C'est la thèse avancée par l'hebdomadaire «L’Express» après enquête...

M.P.

— 

François Hollande et Barack Obama, le 18 mai 2012, à Washington.
François Hollande et Barack Obama, le 18 mai 2012, à Washington. — L.DOWNING / REUTERS

La cyberattaque menée contre l’Elysée en mai dernier et révélée par Le Télégramme cet été aurait été perpétrée par les Etats-Unis, affirme L’Express à paraître demain. «C'est l'un des hold-up les plus audacieux réalisés contre l'Etat français», explique même l’hebdomadaire, qui assure que toutes ces sources convergent vers Washington alors qu'aucune piste n'a été avancée jusque-là.

«Les intrus» ont «pénétré au cœur même du pouvoir français mais ils ont pu fouiller les ordinateurs des proches conseillers de Nicolas Sarkozy, les conseillers les plus influents du gouvernement et du secrétaire général Xavier Musca», explique l’hebdomadaire. Heureusement, l’ordinateur de Nicolas Sarkozy n’a pas été «visité», pour la bonne raison qu’il n’en avait pas, assure le journal. Les pirates ont donc fait main basse sur «des notes secrètes» mais aussi «des plans stratégiques».

Une technique simple

Et le tout avec un procédé très basique, qui a souvent cours sur internet. Les pirates ont en effet repéré sur Facebook le profil de plusieurs personnes qui travaillaient à l’Elysée et ont réussi à devenir ami avec eux. Une fois le lien établi, les pirates ont envoyé un lien via le site communautaire reproduisant une fausse page de l’intranet de l’Elysée. Qui leur réclamait leur login et leur mot de passe. Des informations données par les intéressés et qui ont permis aux assaillants de pénétrer dans le système informatique de l’Elysée sans problème et d’y insérer un logiciel espion.

Une attaque très importante qui a mis sens dessus dessous le système informatique de l’Elysée. A tel point qu’il a fallu trois jours aux services informatiques de la présidence pour les remettre en état. Mais le logiciel espion a laissé des traces et patiemment, les enquêteurs français sont remontés jusqu’à sa source, rapporte L’Express.

L’Elysée, contacté par l’hebdomadaire, n’a pas souhaité faire de commentaires. Pas plus que Janet Napolitano, secrétaire d'Etat à la Sécurité intérieure de l'administration Obama, qui n'a ni confirmé ni démenti les informations de L’Express. «Laissez-moi vous répondre de la façon suivante. J'ai eu l'occasion de le dire à maintes reprises par le passé lors de mes rencontres devant les ministres de votre gouvernement. Nous n'avons pas de partenaire plus important que la France, nous n'avons pas d'allié plus grand que la France», botte-t-elle en touche.