Gaza: Les Palestiniens enterrent leurs «martyrs»

REPORTAGE Ce lundi, au lendemain de la journée la plus meurtrière pour les Palestiniens depuis le début de l'opération «Pilier de défense» lancée par Israël, des centaines d'habitants de Gaza ont suivi le cortège funéraire dans la ville...

William Molinié et Vincent Wartner à Gaza

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Un enterrement à Gaza, au lendemain de la journée la plus meurtrière depuis le début de l'opération israélienne «Pilier de défense» (photo prise lundi 19 novembre 2012)
Un enterrement à Gaza, au lendemain de la journée la plus meurtrière depuis le début de l'opération israélienne «Pilier de défense» (photo prise lundi 19 novembre 2012) — VINCENT WARTNER / 20 MINUTES

De nos envoyés spéciaux à Gaza,

Enveloppés dans des drapeaux du Hamas, laissant apparaître leurs visages tuméfiés, les corps des victimes de la veille, en majorité des civils, ont été enterrés ce lundi matin dans le cimetière surplombant Gaza. Dimanche, onze Palestiniens - dont quatre femmes et quatre enfants - ont trouvé la mort dans une frappe aérienne d’une maison en plein cœur de la ville, rue Nasser. Parmi eux, neuf étaient de la famille Ad-Dallou dont un des membres est un chef militaire du Hamas.

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Parti de la morgue de l’hôpital principal, le cortège s’est rendu vers la mosquée, la foule scandant «on va venger le sang des martyrs». Avant de rejoindre le cimetière où des trous avaient été déjà creusés pour accueillir les corps. Sur le chemin, des membres du Hamas ont tiré vers le ciel à coups de kalachnikovs. Au moins trois roquettes ont aussi été lancées vers Israël. Réponse immédiate de Tsahal, un missile a provoqué une forte détonation, violemment ressentie depuis le cimetière.

«Le peuple palestinien est avec nous»

«Ce sont des martyrs. Ne pleurons pas, ils iront droit au paradis», a lancé à la foule l’imam de la mosquée. «Il faut être avec les combattants et faire de la résistance», a-t-il ajouté, demandant aux Palestiniens de «donner [leur] sang». La parole a ensuite été donnée à un porte-parole du Hamas, Ismail Radwan. «Patientez, la victoire va venir», a-t-il promis. «Israël croit que vous lâchez. C’est faux. Le peuple palestinien est avec nous.» Il a par ailleurs rappelé que le Hamas n’entamerait pas de cessez-le-feu sans que ses conditions ne soient acceptées par Israël, à savoir la fin du blocus et «l’indépendance de Gaza». «La résistance a mis des conditions pour une trêve. Si ces conditions ne sont pas remplies, il n’y aura pas de trêve», a-t-il assuré.

Plus tôt dans la journée, les bombardements avaient repris sur Gaza, faisant au moins dix morts, dont un enfant de 5 ans. Au lever du jour, les habitants constataient les dégâts, notamment autour d’un poste de police. L’incompréhension des habitants venait surtout du stade de football de la ville, où des compétitions sont régulièrement organisées. Les tribunes ont été entièrement détruites au lever du jour par deux missiles qui se sont écrasés sur la pelouse. «Il a fait quoi, lui, le stade de foot?», s’interrogeait un Gazaoui.