Attaque de Benghazi: L'ancien chef de la CIA a rapidement su qu'Al-Qaida était impliqué

MONDE David Petraeus a témoigné devant le Congrès, vendredi...

avec AFP

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L'ancien chef de la CIA, David Petraeus, a expliqué aux élus du Congrès qu'il avait rapidement su que des proches d'Al-Qaïda étaient impliqués dans l'attaque du consulat de Benghazi en Libye, lors de sa première sortie officielle depuis sa démission il y a une semaine.
L'ancien chef de la CIA, David Petraeus, a expliqué aux élus du Congrès qu'il avait rapidement su que des proches d'Al-Qaïda étaient impliqués dans l'attaque du consulat de Benghazi en Libye, lors de sa première sortie officielle depuis sa démission il y a une semaine. — Karen Bleier afp.com

David Petraeus a briefé des membres du Congrès sur ce que savait la CIA lors de l'attaque contre le consulat américain de Benghazi, vendredi. Aucune question ne lui a été posée sur sa liaison extra-maritale, qui l'a poussé à démissionner. Il a simplement précisé que l'affaire n'avait eu «aucun impact» sur son témoignage.

L'ancien chef du renseignement américain a expliqué aux élus du Congrès qu'il avait rapidement su que des proches d'Al-Qaïda étaient impliqués dans l'attaque du consulat de Benghazi en Libye, lors de sa première sortie officielle depuis sa démission il y a une semaine.

 

L'ex-directeur de l'agence américaine du renseignement, qui a démissionné le 9 novembre après la révélation d'une liaison extraconjugale avec sa biographe Paula Broadwell, a témoigné à huis clos tôt vendredi matin devant les élus de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants.

 

Le 11 septembre dernier, quatre Américains dont l'ambassadeur Christopher Stevens, étaient tués dans l'attaque des deux complexes diplomatiques de Benghazi. Les républicains ont vivement critiqué la gestion de l'événement par l'administration Obama, le sénateur McCain, évoquant soit une «incompétence colossale» soit «une entreprise de dissimulation».

 

Pas de politisation de l'attaque, selon Petraeus

 

Vendredi, selon le représentant républicain Pete King qui a assisté à l'audition, le général Petraeus a expliqué qu'il était clair dès le départ que des terroristes étaient impliqués. «Il a dit qu'il y avait des rapports de renseignement (différents), mais qu'il avait toujours pensé qu'il y avait une implication terroriste importante», a rapporté M. King après l'audition. «Et je ne me souviens pas qu'il ait dit cela le 14 septembre», a-t-il ajouté, en référence à un point qu'avait réalisé M. Petraeus devant des responsables parlementaires.

 

Petraeus a indiqué qu'il ne savait pas qui avait changé la mention «d'Al-Qaïda» pour «extrémistes» dans le discours de Barack Obama, écrit via une collaboration inter-agences. Il a toutefois catégoriquement écarté toute «politisation de l'attaque par la Maison Blanche», selon le représentant démocrate Adam Schiff.

 

Vidéo islamophobe

 

Le coeur des échanges s'est concentré sur le moment où les responsables américains ont découvert l'implication de miliciens islamistes, et qu'il ne s'agissait pas d'une manifestation contre une vidéo islamophobe diffusée à l'époque sur internet. Cette thèse –que l'administration a reconnu comme erronée depuis– avait été reprise sur les plateaux de télévision par l'ambassadrice aux Nations unies, Susan Rice, cinq jours après.

 

De nombreux élus républicains accusent à demi-mot Barack Obama d'avoir cherché à dissimuler le caractère terroriste de l'attaque pour éviter de ternir le bilan du président dans sa lutte contre Al-Qaïda, alors en pleine campagne.

 

Le général à la retraite dirigeait encore la CIA à l'époque de l'attaque, et lui-même s'est rendu en Libye pour enquêter. Les élus, démocrates comme républicains, avaient exigé son témoignage pour évaluer la réponse du gouvernement et de la CIA durant l'attaque.