L'Etat hébreu tout proche d'une seconde guerre de Gaza

PROCHE-ORIENT Israël a approché jeudi soir ses forces terrestres de la bande de Gaza...

N. Bg. avec agences
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Un char d'assaut israélien près de la frontière nord de la bande de Gaza, le 15 novembre 2012.
Un char d'assaut israélien près de la frontière nord de la bande de Gaza, le 15 novembre 2012. — REUTERS/Amir Cohen

Israël a compté jeudi ses premiers morts, victimes de roquettes tirées par le Hamas, tandis que son armée poursuivait ses raids aériens contre la bande de Gaza, faisant au moins 19 victimes, dans un contexte de risque d'embrasement général du conflit.

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L'hypothèse d'une seconde guerre de Gaza, après l'opération terrestre israélienne de janvier 2009, est évoquée depuis des mois. Elle s'est considérablement renforcée depuis le début des bombardements israéliens, mercredi, et à l'approche des élections législatives du 22 janvier en Israël.

Les forces terrestres israéliennes en approche

Jeudi soir, au moins douze camions transportant des chars de combat et des véhicules blindés ont été repérés vers la frontière avec la bande de Gaza. Des autocars transportaient également des soldats israéliens. Parallèlement, le ministre de la Défense Ehoud Barak a battu le rappel des réservistes: selon l'armée, quelque 30.000 hommes pourraient être mobilisés. Il s'agit de préparations pour une possible intervention terrestre, mais aucune décision n'a été prise, ont précisé des responsables de l'armée israélienne. Les frappes israéliennes se poursuivaient dans la soirée sur Gaza, chaque bombardement étant aussitôt suivi de tirs de roquettes palestiniennes en direction du sud de l'Etat hébreu.

«Israël est prêt à prendre toutes les actions nécessaires pour défendre notre peuple», a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. De son côté, le porte-parole du Hamas, Faouzi Barhoum, a dit que l'Etat juif paierait au prix fort «cette guerre ouverte qu'ils ont déclenchée.»

Le brusque déclenchement de l'opération par Israël mercredi, entamée par l'élimination du chef militaire du Hamas, Ahmed Djaabari, a fragilisé un peu plus un Proche-Orient secoué par les contrecoups du «printemps arabe» et la guerre civile en cours en Syrie. Les pays qui soutiennent les Palestiniens, avec au premier rang l'Egypte désormais sous direction islamiste, ont dénoncé l'offensive israélienne.

François Hollande en contact avec Benyamin Netanyahou

Depuis la France, le président François Hollande a pris des «contacts directs» avec le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et avec le président égyptien Mohamed Morsi, a rapporté le chef du gouvernement français Jean-Marc Ayrault, en déplacement à Berlin. «Il est temps d'arrêter cette escalade dangereuse à la fois pour la sécurité d'Israël et de son peuple, mais aussi pour les Palestiniens eux-mêmes», a estimé le Premier ministre.

Le Hamas, pour qui Israël a «ouvert les portes de l'enfer» en lançant son opération, a revendiqué le tir d'une roquette Fajr 5 de fabrication iranienne d'une tonne sur Tel Aviv, situé à 50 km au nord de l'enclave palestinienne. L'armée israélienne a évoqué une roquette tombée dans une zone non habitée à Rishon Lezion, dans la banlieue de la ville. On ne fait état ni de victimes, ni de dégats. Le Djihad islamique a dit avoir lancé ensuite une autre roquette sur Tel Aviv, tombée en mer, selon une source de la sécurité israélienne.

Le système israélien d'interception de roquettes «Dôme de fer» a abattu 81 projectiles sur les quelque 150 tirés de la bande de Gaza mais l'un d'entre eux a atteint sa cible.