Chine: Xi Jinping succède à Hu Jintao

SUCCESSION Le nouveau président chinois va devoir réformer un pays en pleine mutation...

avec AFP

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Xi Jinping a succédé jeudi à Hu Jintao à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc de la Chine, puissance mondiale autoritaire en pleine mutation, que cet homme d'appareil devra réformer et assainir de la corruption galopante qui la menace.
Xi Jinping a succédé jeudi à Hu Jintao à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc de la Chine, puissance mondiale autoritaire en pleine mutation, que cet homme d'appareil devra réformer et assainir de la corruption galopante qui la menace. — Mark Ralston afp.com

Xi Jinping a succédé jeudi à Hu Jintao à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc de la Chine, puissance mondiale autoritaire en pleine mutation, que cet homme d'appareil devra réformer et assainir de la corruption galopante qui la menace.

Sous les crépitements des flashs et devant les caméras du monde entier, Xi Jinping a grimpé sur la scène du Palais du peuple, suivi des nouvelles figures qui vont former le «saint des saints» du pouvoir chinois, le «comité permanent» du Bureau politique du PCC.

L'air grave mais souriant, après avoir présenté ses collègues, Xi Jinping s'est lancé dans un bref discours dans lequel il a prévenu que la nouvelle équipe faisait face à d'«énormes responsabilités» et que le Parti était confronté à de «graves défis», dont la corruption. Les nouveaux dirigeants chinois sont mobilisés pour «assurer une vie meilleure» au peuple, a-t-il assuré.

Un discours qui rompt avec la tradition

Rompant avec la tradition, Xi Jinping n'a fait aucune référence à ses prédécesseurs ni aux poncifs en vigueur, ce qui a semblé réjouir une partie des internautes chinois, toujours à l'affût: «Ca faisait longtemps qu'on attendait des propos aussi directs et pas un discours officiel rigide et compassé», a réagi l'un deux.

«Un langage aussi sincère fait chaud au coeur. On attend que le Parti et le gouvernement agissent de façon aussi sincère», a dit un autre. «Il avait l'air assez à l'aise mais va-t-il introduire des réformes? Je reste très dubitatif», a commenté pour l'AFP Jean-Pierre Cabestan, expert de la Chine et enseignant à l'Université baptiste de Hong-Kong.

L'apparition au grand jour de la nouvelle direction du parti unique chinois, au pouvoir depuis 1949, met un point final aux travaux du 18e congrès du PCC, alourdi par des affaires de corruption et d'abus de pouvoir dans la haute «nomenklatura» communiste.

Deux femmes dans le nouveau Bureau politique

Réuni dans la matinée, le nouveau comité central, 205 dignitaires élus la veille par les congressistes, a désigné un nouveau Bureau politique de 25 membres, dont deux femmes au lieu d'une auparavant.

C'est parmi eux qu'a été choisi le comité permanent --réduit de neuf à sept membres- au sein duquel Xi Jinping va devoir s'imposer les cinq années de son premier mandat, suivi en principe d'un deuxième.

«Ce n'est pas une équipe prête à introduire des réformes très importantes, sauf peut-être en matière économique parce qu'il y a un besoin. Sur le plan politique, ils sont très conservateurs», a estimé Jean-Pierre Cabestan, pour qui «c'est un peu la clique de Jiang Zemin. Hu Jintao perd beaucoup d'influence.»

En partant, Hu Jintao a prié Xi Jinping de «faire le ménage» dans la maison Chine, ravagée par la corruption: «Si nous échouons à traiter cette question correctement, elle pourra s'avérer fatale pour le Parti, et même provoquer son effondrement et la chute de l'Etat», a-t-il prévenu à l'ouverture du congrès.

Encore chef de l'Etat jusqu'en mars, Hu Jintao va rejoindre les coulisses du pouvoir aux côtés de l'ex-président Jiang Zemin (1993-2003), après avoir aussi cédé jeudi à Xi Jinping la présidence de la puissante Commission militaire centrale (CMC), l'organe de contrôle de l'armée.