États-Unis: Deux semaines après Sandy, «le plus dur commence»

REPORTAGE Comme l'a constaté 20 Minutes, en allant à la rencontre des habitants d'Union Beach, dans le New Jersey...

Nicolas Coisplet, à Union Beach

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Les conséquences du passage de l'ouragan Sandy dans le New Jersey (Etats-Unis), le 2 novembre 2012.
Les conséquences du passage de l'ouragan Sandy dans le New Jersey (Etats-Unis), le 2 novembre 2012. — HANDOUT / REUTERS

«On a de la nourriture chaude, de l’eau, des vêtements propres!» A Union Beach (New Jersey), des secouristes sillonnent en camionnette les rues déglinguées et s’adressent aux habitants sinistrés à l’aide d’un haut-parleur.

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Samedi 10 novembre, deux heures avant le couvre-feu destiné à éviter les pillages, l’atmosphère dans cette petite ville côtière au Sud de la baie de New York est semblable à celle observée à Rockaway Beach et Breezy Point dans le Queens, à Staten Island ou dans de nombreuses stations balnéaires du New Jersey. Les plaies laissées presque deux semaines plus tôt par l’ouragan Sandy y sont encore béantes: à Union Beach, 6.200 habitants, 200 maisons ont été détruites et 300 inondées.

Le courant devait enfin être rétabli ce week-end dans la plupart des zones touchées par la tempête à New York et dans le New Jersey, mais Sandy a placé des milliers de personnes en situation précaire pour de longs mois. Selon l’agence fédérale américaine Fema, 95.000 personnes sont éligibles à un relogement d’urgence, et 277.000 personnes lui ont demandé de l’aide. «Ce désastre, c’est notre Katrina. Le plus dur commence», a déclaré vendredi Chris Christie, gouverneur du New Jersey.

Ballet des tractopelles

Tommy, 54 ans, est du même avis. Occupé à observer avec sa voisine Valérie le ballet des tractopelles qui déblaient peu à peu les rues d’Union Beach, il explique héberger dans sa maison, dont le rez-de-chaussée est pourtant inutilisable, « sa fille, sa belle-sœur et leurs enfants. Le seul relogement qu’on leur a proposé, c’est à Princeton, à soixante kilomètres d’ici.»

Accoudée à sa clôture, Valérie, 38 ans, désigne la pyramide de gravats qui monte peu à peu au bout de sa rue: «Rien que pour nettoyer la ville, il y en a au moins pour un mois.» Le ton est amer. Les sinistrés s’impatientent de voir davantage de moyens leur être octroyés. Et s’inquiètent des combats qu’ils vont devoir mener pour être indemnisés. Larry est de ceux-là. Cet habitant d’Union Beach indique que les agents de la Fema vont l’aider à faire valoir ses droits auprès de son assureur. «Il dit que je ne suis couvert que contre les dégâts faits par le vent.» Samedi, Larry avait d’autres soucis: il était occupé à sortir de sa salle à manger des parpaings apportés par les flots. A bout de bras, malgré ses 82 ans.