Manifestations en Espagne contre les expulsions, après un deuxième suicide

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Aux cris de "banquiers assassins", des centaines de personnes ont manifesté vendredi à Madrid après le suicide d'une femme au Pays Basque qui devait être expulsée, le deuxième en 15 jours en Espagne, tandis que le gouvernement a annoncé envisager un moratoire sur les expulsions.
Aux cris de "banquiers assassins", des centaines de personnes ont manifesté vendredi à Madrid après le suicide d'une femme au Pays Basque qui devait être expulsée, le deuxième en 15 jours en Espagne, tandis que le gouvernement a annoncé envisager un moratoire sur les expulsions. — Rafa Rivas afp.com

Aux cris de «banquiers assassins», des centaines de personnes ont manifesté vendredi à Madrid après le suicide d'une femme au Pays Basque qui devait être expulsée, le deuxième en 15 jours en Espagne, tandis que le gouvernement doit présenter lundi des mesures d'urgence.

Des manifestations étaient aussi organisées à Barakaldo, ville du Pays basque où une femme de 53 ans, ancienne élue socialiste, s'est suicidée, selon la police basque, «alors que les huissiers allaient l'expulser de son logement». «Coupables! coupables!», «honte! honte!» criaient les manifestants à Madrid, dénonçant les banques, comme Bankia, récemment nationalisée et renflouée par les contribuables, qui continuent d'expulser les petits propriétaires frappés par le chômage et la crise.

Plus d'expulsions dans une Espagne en récession

Rejoints vendredi soir par une centaine de manifestants, des petits propriétaires ruinés et menacés d'expulsion campent depuis le 22 octobre dans le centre de la capitale espagnole devant Caja Madrid, l'une des caisses d'épargne ayant fusionné pour former la banque Bankia. «Escroquerie du crédit», pouvait-on lire sur une banderole accrochée aux barreaux devant la banque. «Bankia trompe, escroque et chasse les gens de leur maison», pouvait-on lire sur les pancartes, agitée par les manifestants qui ont observé une minute de silence.

Il s'agit du deuxième suicide en raison des expulsions qui se multiplient dans une Espagne en récession et où le chômage frappe plus d'un actif sur quatre. Le 25 octobre, un homme, José Luis Domingo, avait été retrouvé pendu dans le sud de l'Espagne au moment où il devait être expulsé de son logement.

Avec 350.000 propriétaires surendettés expulsés depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, ce phénomène est l'une des manifestations les plus criantes de la crise économique en Espagne. Face à cette situation, le gouvernement a annoncé vendredi qu'il présenterait lundi des propositions à l'opposition socialiste afin de s'accorder sur des mesures d'urgence pour freiner les expulsions et afin de protéger les populations les plus vulnérables. Un récent rapport écrit par plusieurs magistrats a dénoncé «des procédures juridiques extrêmement agressives» d'expulsion à l'encontre d'emprunteurs «sans défense».