Obama: réseau électrique et énergie renouvelable au menu de son nouveau mandat

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Le deuxième mandat de Barack Obama, conquis en pleine crise énergétique liée à l'ouragan Sandy, devrait mettre l'accent sur la modernisation du réseau électrique américain, les énergies renouvelables, et l'accélération du forage de gaz et pétrole de schiste.
Le deuxième mandat de Barack Obama, conquis en pleine crise énergétique liée à l'ouragan Sandy, devrait mettre l'accent sur la modernisation du réseau électrique américain, les énergies renouvelables, et l'accélération du forage de gaz et pétrole de schiste. — Paul J. Richards afp.com

Le deuxième mandat de Barack Obama, conquis en pleine crise énergétique liée à l'ouragan Sandy, devrait mettre l'accent sur la modernisation du réseau électrique américain, les énergies renouvelables, et l'accélération du forage de gaz et pétrole de schiste.

Sandy "a été un signal d'alarme sur le besoin de rendre les infrastructures plus résistantes", note John Cohen, chargé des relations avec le gouvernement américain à la filiale américaine du français Alstom, qui fournit notamment des infrastructures énergétiques.

Le passage de l'ouragan Sandy sur la côte nord-est des Etats-Unis a entraîné la fermeture de trois centrales nucléaires pendant des jours et l'état d'alerte dans la plus vieille d'entre elles, celle d'Oyster Creek (New Jersey). Il a inondé une centrale électrique à New York et détruit une portion importante du réseau électrique de la côte Est.

Dix jours après, 761.000 foyers étaient encore privés d'électricité dans six Etats. Plusieurs raffineries et terminaux de distribution d'essence restaient fermés et New York a rationné le carburant.

"Le réseau électrique (américain) est vieux et il est aérien. En cas de forte tempête, les arbres tombent sur les lignes électriques", explique James Williams, analyste au cabinet de conseil en énergie WTRG economics.

Pour lui, l'administration Obama devrait pendant les quatre prochaines années "aller vers une distribution mieux répartie de l'électricité, avec un plus grand nombre de petites centrales plus proches des consommateurs, plutôt que des lignes qui s'étirent à l'infini".

Le président américain a notamment fait du "smart grid", à savoir un réseau intelligent de distribution géré par informatique, l'un de ses chevaux de bataille.

Pendant la campagne, il a affirmé envisager de renforcer les limitations d'émissions de CO2 des véhicules, de doubler l'investissement dans les énergies propres, et ce malgré l'échec retentissant de l'investissement fédéral dans le groupe solaire en faillite Solyndra.

Il veut également mettre l'accent sur les économies d'énergie dans le bâtiment et prolonger les crédits d'impôts dans l'éolien.

Côté nucléaire, la situation semble bloquée et les risques d'inondation illustrés par Sandy ne devraient pas pousser en avant la construction de nouvelles centrales, même si pour James Williams, le risque d'une catastrophe nucléaire comme celle du Japon l'an dernier a peu de chances de se produire aux Etats-Unis.

"Fukushima a été causé par des vagues énormes, très hautes et soudaines, c'est très différent d'une tempête" qui était prévue et à laquelle les centrales s'étaient préparées, estime-t-il, tout en admettant que l'ouragan Sandy pourrait "faire ressentir le besoin de mieux protéger les centrales de l'eau" et relancer le débat sur "où installer des centrales".

L'accélération du forage devrait par ailleurs se poursuivre grâce au boom du pétrole et du gaz de schiste: en 2012 les Etats-Unis produisaient 6,6 millions de barils par jour, d'après M. Williams, contre 5 millions en 2007. Cette augmentation s'est produite "sur des terres privées, en particulier dans le Dakota du Nord et le Texas grâce au schiste", souligne-t-il.

Pour l'analyste, le gouvernement pourrait tenter d'imposer certaines règles sur la technologie du "fracking", qui permet d'exploiter la roche de schiste et est accusée par les défenseurs de l'environnement de polluer l'eau et l'air.

Le gouvernement contrôle uniquement les terres fédérales, notamment en Alaska ou dans les parcs nationaux, et le forage en haute mer. L'industrie pétrolière soutenait le candidat républicain Mitt Romney, qui aurait probablement ouvert le forage sur davantage de terres fédérales.