Sept républicains à surveiller pour 2016

Philippe Berry

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7 potentiels candidats républicains pour 2016: Marco Rubio, Condoleezza Rice, Paul Ryan, Jeb Bush, Chris Christie, Rand Paul et Jon Huntsman.
7 potentiels candidats républicains pour 2016: Marco Rubio, Condoleezza Rice, Paul Ryan, Jeb Bush, Chris Christie, Rand Paul et Jon Huntsman. — PHOTOMONTAGE 20MINUTES/AP/SIPA

De notre correspondant

Obama a été réélu grâce à une vaste coalition de minorités. En face, le parti républicain voit le cœur de son électorat (âgé, blanc, conservateur) se réduire chaque année un peu plus. Aujourd'hui, le GOP (Grand Old Party) est sonné, alors que beaucoup étaient persuadés que Romney allait gagner. Deux forces internes s'opposent. Les modérés appellent à une modernisation par le centre, en stoppant la guerre contre les immigrés, l'avortement, le mariage gay et la science. Les conservateurs, eux, font remarquer que le parti a perdu deux fois de suite en choisissant un candidat qui n'était pas assez à droite (McCain et Romney). En 2015, les deux camps s'affronteront lors des primaires pour désigner leur champion. Voici les sept noms qui buzzent le plus.

1. Marco Rubio

A 41 ans, le jeune sénateur de Floride est la star montante du parti. Fils d'émigrés cubains, il a délivré un discours convaincant à la convention républicaine l'été dernier.

Son point fort: Son background. Capable de remporter la Floride et de séduire les latinos.

Son point faible: Très conservateur. Comme beaucoup d'émigrés cubains, il adopte des positions dures sur l'immigration. Il est également très à droite sur les questions sociales (mariage gay, armes à feu, avortement).

2. Condoleezza Rice

Pressentie pour être candidate en 2008, l'ancienne secrétaire d'Etat de George W. Bush a pris ses distances avec la vie politique pour retourner enseigner à Stanford. Lors de la convention républicaine, elle a reçu une standing ovation pour son discours plein de classe.

Son point fort: Sa diversité. Elle peut aider les républicains sur leurs deux principaux problèmes: le vote des minorités et des femmes.

Son point faible: Ses années Bush. Conseillère du président, elle fut l'une des principales avocates de l'invasion de l'Irak, jouant sur la peur des armes de destruction massive. Elle n'a également jamais été élue à un poste officiel.

3. Paul Ryan

Le colistier de Mitt Romney incarne la jeune garde du parti avec Eric Cantor. Il va reprendre son rôle de président de l'influent comité sur le Budget de la Chambre des représentants.

Son point fort: Sa campagne présidentielle. Ryan n'a commis aucune gaffe. Il a énergisé la base et s'est montré bien plus compétent que Sarah Palin en interviews ou lors du débat contre Joe Biden.

Son point faible: Sa campagne présidentielle. Aucun candidat perdant à la vice-présidence n'a réussi à devenir président depuis Franklin Roosevelt.

4. Jeb Bush

Le frère cadet de George W. Bush fut le gouverneur de Floride entre 1999 et 2007. Malgré des appels du pied pour se lancer dans la course cette année, il a refusé. Mais 2016 sera une élection plus ouverte, sans sortant, et il pourrait bien décider d'y aller.

Son point fort: La Floride. Il ferait sans doute mieux que les 27% de Mitt Romney auprès des électeurs hispaniques.

Son point faible: Son nom de famille. Dur d'incarner le renouveau en étant le 3e Bush à vouloir devenir président, surtout vu la situation dans laquelle son frère a laissé le pays.

5. Chris Christie

La grande gueule du bouillonnant gouverneur du New Jersey n'a d'égal que son tour de taille. Lors de la convention de Tampa, certains républicains lui ont reproché d'avoir trop parlé de lui et pas assez de Mitt Romney. D'autres lui en veulent encore de s'être affiché aux côtés du président après le passage de Sandy.

Son point fort: Son charisme. Christie apporte un peu d'air frais à une vie politique US très lisse. Conservateur dans un Etat libéral, il sait travailler avec le camp adverse.

Son point faible: Sa grande gueule. Et il devra survivre à une réélection compliquée en 2013. A moins qu'il décide de ne pas se représenter pour préparer 2016.

6. Rand Paul

Figure médiatique du Tea Party, le fils du libertarien Ron Paul s'est fait un prénom en devenant sénateur du Kentucky en 2010.

Son point fort: La dette américaine. Il a fait de la réduction des déficits son combat principal.

Son point faible: Le Tea party. Le mouvement a connu un coup d'arrêt cette année, avec de nombreux candidats radicaux défaits par des démocrates.

7. Jon Huntsman

Centriste, l'ex-gouverneur de l'Utah fut l'ambassadeur d'Obama en Chine entre 2009 et 2011. A tenté sa chance dans la primaire républicaine cette année. S'est fait laminer.

Son point fort: Etre modéré. «La science n'est pas une conspiration», lâchait-il face à ses adversaires républicains.

Son point faible: Etre modéré. Son principal challenge serait de sortir vainqueur d'une primaire républicaine.

Et aussi

Sarah Palin a fait l'impasse sur 2012, potentiellement pour mieux se lancer en 2016. Mike Huckabee pourrait également retenter sa chance. Bob McDonnell, le gouverneur de Virginie, peut compter sur son charisme et sa belle gueule. Le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, est très apprécié par la base républicaine, notamment pour son bras de fer contre les syndicats de son Etat. Enfin, le nom du gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal, revient régulièrement, même si sa réponse au discours d'Obama sur l'état de l'union en 2009 est restée dans les mémoires pour sa médiocrité.