Obama devra résoudre le casse-tête afghan

bérénice dubuc

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Barack Obama, lors de son discours sur la base aérienne de Bagram, en Afghanistan, le 2 mai.
Barack Obama, lors de son discours sur la base aérienne de Bagram, en Afghanistan, le 2 mai. — K. LAMARQUE / SIPA

Terrorisme, Afghanistan, Iran, Chine, Proche-Orient… Même si elle a été la grande absente de la campagne présidentielle, la politique étrangère sera l'un des chantiers majeurs du Président. Passage en revue des dossiers qui l'attendent avec François Durpaire, historien des Etats-Unis, enseignant à l'université de Cergy-Pontoise.
« La relation la plus importante à entretenir, c'est celle avec la Chine », estime François Durpaire. Le géant asiatique apparaît désormais comme le concurrent le plus immédiat des Etats-Unis, que ce soit au niveau de l'économie – la Chine détient un quart de la dette américaine –, du leadership dans le monde, ou encore de l'écologie… Sur le plan diplomatique, il faudra également composer avec la Chine, notamment au Moyen-Orient – comme la guerre civile en Syrie ou la gestion du dossier iranien –, où Obama a beaucoup déçu.
« Les guerres d'occupation coûteuses ne devraient plus être à l'ordre du jour », considère François Durpaire.
En Afghanistan, le retrait des troupes est acté pour fin 2014, et la prochaine élection présidentielle afghane aura lieu le 5 avril de la même année.
Or, le pays est loin d'être stabilisé, et un scénario comme celui qu'il a connu après le retrait soviétique en 1989 – à savoir un retour des talibans favorisé par les dissensions claniques et politiques –, n'est pas à exclure après le départ des Américains. D'autant plus que depuis la mort de Ben Laden, les relations des Etats-Unis se sont dégradées avec le Pakistan voisin, accusé de soutenir les talibans.
En dépit de cette mort, la menace Al-Qaida est toujours prégnante, comme l'a montré la mort de l'ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens, dans l'attaque de l'ambassade de Benghazi le 11 septembre.
« Les Américains vont devoir procéder différemment pour sécuriser leurs intérêts dans le monde », souligne François Durpaire, ajoutant que la nomination de Leon Panetta, ancien chef de la CIA à la tête du Pentagone, est un signe : ils sont beaucoup plus dans l'intelligence et le renseignement.