Syrie: Londres veut remettre d'anciennes options sur la table

Reuters

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Londres souhaite remettre sur la table d'anciens scénarios de sortie de crise en Syrie qui ont été abandonnés il y a un an par la communauté internationale, indiquent ce jeudi les services du Premier ministre britannique David Cameron. Parmi les options qui ont été évoquées par le passé pour mettre fin au conflit sanglant qui déchire la Syrie depuis mars 2011, figurent notamment l'armement des rebelles et la création de zones sécurisées placées sous la protection de l'aviation occidentale à l'intérieur de la Syrie.

«Le Premier ministre veut examiner à nouveau des options qui étaient sur la table il y a un an et que nous ne voulions pas à cette époque», a indiqué un responsable du 10 Downing Street. «Nous n'avons rien décidé et nous n'avons rien exclu. C'est le moment de donner de l'élan. Nous voulons tout remettre sur la table», a-t-il ajouté. Alors que l'embargo de l'Union européenne sur les armes syriennes expire le 1er décembre, David Cameron estime, dans des déclarations publiées ce jeudi, qu'il faut faire davantage pour résoudre la crise syrienne qui a fait plus de 32.000 victimes selon l'ONU.

Départ de Syrie et immunité judiciaire?

«Soyons francs, ce que nous avons fait ces 18 derniers mois n'a pas été suffisant», déclare-t-il. «Le massacre continue, le bain de sang est écoeurant, les effets négatifs qu'il a sur la région, la radicalisation mais aussi la crise humanitaire qui est en train d'engloutir la Syrie. Alors oeuvrons ensemble pour faire véritablement tout ce qui est en notre pouvoir», a-t-il ajouté.

Lors d'une visite à Abou Dhabi mardi, David Cameron s'est dit favorable à un départ de Syrie de Bachar al-Assad assorti d'une éventuelle immunité judiciaire. «Il faut tout faire, tout, pour que cet homme quitte son pays et que la Syrie connaisse une transition sûre», a-t-il déclaré. «Naturellement, je préfèrerais qu'il réponde de ses actes devant la justice et au regard du droit international. Je ne vais certainement pas lui proposer de l'accueillir en Grande-Bretagne mais s'il souhaite partir, qu'il le fasse, cela peut être arrangé.»

On ignore à ce stade si le chef du gouvernement britannique a évoqué ce possible accord, comprenant une éventuelle immunité si l'intéressé accepte l'asile dans un pays tiers, avec d'autres pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU. Dans une interview publiée jeudi sur le site internet de la chaîne de télévision russe Russia Today, le président Bachar al Assad affirme qu'il veut vivre et mourir en Syrie, semblant exclure toute sortie négociée ou départ en exil dans un pays tiers