Barack Obama réélu grâce aux minorités

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« Je veux remercier chaque Américain qui a pris part à cette élection… Que vous ayez tenu une pancarte Obama ou une pancarte Romney, vous avez fait entendre votre voix et vous avez fait la différence », a déclaré mercredi Barack Obama à ses partisans venus l'acclamer à Chicago.
Une fois encore, avec une victoire nette sur son rival républicain Mitt Romney en termes de grands électeurs [303 contre 206] mais un écart du vote populaire faible, Barack Obama et son équipe de campagne ont apporté la démonstration de leur maîtrise de la géographie électorale. En faisant le pari de ramener les abstentionnistes aux urnes – pour beaucoup les minorités et les classes populaires –, le président démocrate a réussi à s'assurer un second mandat.

L'électorat blanc diminue
A l'inverse, Mitt Romney, bien que disposant d'une large avance au sein de l'électorat le plus mobilisé – 59 % des Blancs et 52 % des hommes –, échoue notamment auprès des minorités, qui pèsent de plus en plus sur le corps électoral américain. « Avec la démographie actuelle, on ne peut pas gagner une élection présidentielle avec seulement 27 % du vote latino », tranche le stratège démocrate Garry South au sujet de l'électorat de Romney. De fait, le candidat républicain fait moins bien que les 31 % de McCain, et se retrouve loin, très loin des 40 % de George W. Bush en 2004.
Ultra-molibilisés notamment par les équipes de campagne d'Obama, les électeurs noirs (13 % des votants) ont soutenu le Président sortant à plus de 90 %, comme en 2008.
Obama a en revanche perdu 4 points du vote blanc, à 39 %. « Le problème, relève Garry South, c'est que ce gâteau devient chaque année un peu moins majoritaire. En vingt ans, la part de l'électorat blanc est passée de 87 % à 72 %. »
Les républicains vont avoir du boulot pour inverser la tendance. L'homme providentiel pourrait s'appeler Marco Rubio. Le jeune sénateur de Floride, d'origine cubaine, a fait forte impression lors de la convention républicaine.