Président des états désunis

Faustine Vincent

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Un écran géant projette dans le quartier de Times Square, à New York, l'élection de Barack Obama (en haut), lequel, en famille, a été célébré à Chicago (au milieu), par des milliers de fans (en bas).
Un écran géant projette dans le quartier de Times Square, à New York, l'élection de Barack Obama (en haut), lequel, en famille, a été célébré à Chicago (au milieu), par des milliers de fans (en bas). — C. ALLEGRI / REUTERSC. CARLSON / AP / SIPAM. ROURKE / AP / SIPA

Il enlace sa femme, yeux clos et sourire aux lèvres, en contre-plongée sous un ciel plombé. C'est par cette photo, accompagnée du fameux slogan « Four more years », que Barack Obama a annoncé sa réélection sur Twitter. L'image, retweetée plus de 680 000 fois, figure assez bien ce qui attend le président : un horizon bouché.
Si sa victoire reste une performance vu le contexte économique – chômage proche de 8 %, dette dépassant les 16 000 milliards de dollars – Obama se heurtera en effet aux républicains, majoritaires au Congrès depuis 2010. « Ils font blocage depuis deux ans », explique Olivier Richomme, coauteur d'Obama face à la crise (Ed. Demopolis).

« La difficile tâche

de forger le consensus »
Face à ce barrage systématique, aggravé par la compétition interne au sein du parti républicain pour la désignation d'un leader, le second mandat d'Obama devrait être beaucoup moins ambitieux que le premier. « Il avancera à petits pas. Il n'y aura pas de grande réforme, comme pour l'Assurance-maladie, mais de simples mesures », ajoute le chercheur.
Une critique que rejette l'ambassadeur américain à Paris, Charles Rivkin, un proche d'Obama. « Les chantiers qu'il a lancés il y a quatre ans – le sauvetage des industries, la réduction du déficit, l'énergie verte… – sont assez importants pour se poursuivre durant son deuxième mandat ! », assure-t-il. « C'est une nation centriste. Une grande majorité des Américains veulent travailler ensemble et Barack Obama peut les réunir », ajoute l'ambassadeur.
En gage de bonne volonté, le président a tendu la main aux républicains dans son discours de victoire à Chicago. Conscient de « la difficile tâche de forger le consensus », il s'est dit « impatient de coopérer avec les dirigeants des deux partis pour faire face aux défis [à] surmonter ensemble ». « Nous ne sommes pas aussi divisés que nos représentants politiques le laissent entendre », a-t-il assuré. Quatre ans plus tôt, le candidat Obama avait prononcé exactement la même phrase, au même endroit, lors de son célèbre discours ponctué de « Yes we can ». Mais jusqu'à présent, l'histoire a montré l'inverse.

réactions

François Hollande a salué « un choix clair en faveur d'une Amérique ouverte, solidaire, pleinement engagée sur la scène internationale ».Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a sobrement affirmé qu'il « continuerai[t] à travailler avec Obama pour garantir les intérêts qui sont vitaux pour la sécurité des citoyens d'Israël ». Le porte-parole du Conseil national syrien, George Sabra, a dit « espér[er] que [sa] victoire le rendra plus libre pour prendre la bonne décision qui soutiendra la liberté et la dignité en Syrie et à travers le monde ».