Israël demande à Paris de faire vite

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A l'heure où les discussions se poursuivent pour constituer la Force internationale au Liban, la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, était hier à Paris pour tenter de presser le pas. Son message est clair : « La situation est explosive » au sud du Liban. D'où la nécessité, pour la communauté internationale, de mener une « action extrêmement rapide », a-t-elle insisté lors d'un point presse avec son homologue français, Philippe Douste-Blazy. Or, « plus le Hezbollah voit que la communauté internationale hésite, plus les choses seront difficiles », insiste Tzipi Livni. Partisane d'une solution diplomatique au début de la crise, elle souhaite la pleine application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies, avec un désarmement effectif des milices armées.

Le gouvernement israélien est aujourd'hui vertement critiqué par les réservistes, la presse et la population civile en Israël sur sa gestion de la guerre contre le Hezbollah, perçue comme un semi-échec. Il devra également affronter les accusations de « crimes de guerre » d'Amnesty International, pour qui les attaques contre les infrastructures civiles libanaises étaient « délibérées », selon un rapport publié hier. Agacée, Tzipi Livni a réagi en demandant à la communauté internationale « de faire enfin une distinction morale entre ceux qui tuent accidentellement des civils, et ceux qui les visent intentionnellement », allusion aux 4 000 roquettes lancées par le Hezbollah sur Israël. Elle doit partir pour l'Italie aujourd'hui. F. Vincent

diplomatie Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, fera en fin de semaine une importante tournée au Proche-Orient (Liban, Israël, et probablement Iran et Syrie).