Présidentielle américaine: Les cinq raisons pour lesquelles Obama devrait gagner

Philippe Berry

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Le président américain, Barack Obama, lors d'une visite à l'université du Colorado (Etats-Unis), le 2 septembre 2012.
Le président américain, Barack Obama, lors d'une visite à l'université du Colorado (Etats-Unis), le 2 septembre 2012. — L.DOWNING / REUTERS

De notre correspondant aux Etats-Unis,

>> Les cinq raisons pour lesquelles Romney pourrait gagner, à lire ici

1. Tout se joue sur la carte électorale

Obama mène dans neuf des onze Etats les plus serrés. Faire gagner Romney en jouant avec la carte électorale est un casse-tête. Même en lui donnant la Floride, la Caroline du Nord, la Virginie, le Colorado, le Nevada et le New Hampshire, il n'arrive qu'à 267 votes de grands électeurs, alors qu'il en faut 270 pour l'emporter. Il faudrait donc qu'il gagne aussi l'Iowa, l'Ohio, le Wisconsin, le Michigan ou la Pennsylvanie, des Etats dans lesquels Obama compte au moins 2,8 points d'avance. Dans l'Ohio, le sauvetage de l'industrie automobile et un taux de chômage plus faible qu'au niveau national rendent une victoire de Romney très compliquée. Le modèle mathématique de Nate Silver, du New York Times, donne 85% de chance de victoire à Obama. Les parieurs d'Intrade font du sortant un favori solide, à 66,6%.

2. Sandy a stoppé l'élan de Romney

Après un premier débat réussi, Mitt Romney avait le vent en poupe. Ceux de Sandy lui ont coupé les ailes. Obama a pu avoir l'air «présidentiel» pendant que Romney tentait d'exister. Mieux, le président a reçu les louanges du gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, dans un moment parfait de coopération. Le magnat conservateur Rupert Murdoch a d'ailleurs déjà expliqué que si Romney perd, ce sera «de la faute» de Christie.

3. Avantage au sortant

Déloger un président de la Maison Blanche est un sport compliqué. Depuis l'après-guerre, seuls deux hommes n'ont pas été réélus: Jimmy Carter et George Bush père (Gerald Ford, qui avait remplacé Nixon après le Watergate, ne compte pas). En général, il faut une combinaison de trois facteurs: un président impopulaire, une crise économique et un formidable candidat. Problème, Mitt Romney n'est ni Bill Clinton ni Ronald Reagan. Et malgré la récession, la cote de popularité d'Obama reste dans le vert.

4. Un léger mieux sur l'emploi

L'argument préféré de Mitt Romney était de répéter que le taux de chômage est resté pendant 44 mois au-dessus de 8%. Malheureusement pour lui, le cap symbolique a été franchi en octobre (7,9% actuellement). Et les analyses montrent que depuis la fin de la récession, en 2010, le rythme des créations d'emplois, dans le vert pendant 25 mois consécutifs, a été lent mais comparable avec celui des précédentes crises.

5. Les minorités sont pro-Obama

L'électeur type de Romney? Agé, riche, blanc. Les républicains font face à un dilemme, alors que la démographie américaine continue de se diversifier. En huit ans, la part du vote noir et latino a progressé d'environ 4%. Dans certains Etats, comme la Floride, le Nevada ou le Nouveau Mexique, s'imposer sans le soutien des Hispaniques devient mission quasi-impossible, surtout quand on adopte des positions dures sur l'immigration.