Après Sandy, le chaos énergétique sur la côte est

ETATS-UNIS La pénurie de carburant et la panne de courant paralysent encore de nombreux Etats...

Nicolas Coisplet, dans le New Jersey

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Des New-Yorkais font la queue pour un ravitaillement gratuit en carburant dans le quartier du Queens, le 3 novembre 2012.
Des New-Yorkais font la queue pour un ravitaillement gratuit en carburant dans le quartier du Queens, le 3 novembre 2012. — Craig Ruttle/AP/SIPA

De notre correspondant à New York,

Des automobilistes en file indienne par milliers, prêts à attendre jusqu’à quatre heures pour faire un plein d’essence, sous le contrôle des forces de l’ordre. Des piétons patientant dans le froid, bidon rouge de cinq gallons à la main. Environ 2,2 millions d’usagers toujours privés d’électricité dimanche matin. Sept jours après le passage dévastateur de l’ouragan Sandy, (106 morts, près de 50 milliards de dollars de dégâts selon le cabinet Eqecat), les habitants de la côte est américaine manquent encore d’énergie.

A l’image de Josh, ingénieur de 38 ans. Samedi, il s’impatientait devant une station-service d’Elizabeth, dans le New Jersey, deux heures avant l’entrée en vigueur du rationnement du carburant décidé par le gouverneur Chris Christie. «C’est la deuxième station devant laquelle je fais la queue. Je n’ai pas le choix, ma voiture est pour moi le seul moyen d’aller travailler», expliquait-il.

Un réseau trop vulnérable

Cette pénurie a conduit le président Obama à demander l’envoi de 45 millions de litres d’essence dans le Nord-Est par le ministère de la Défense. Elle découle en partie des coupures d’électricité, qui pourraient durer dix jours ou plus pour certains usagers: faute de courant, de multiples stations-service ne sont pas en état de fonctionner, alors même que des consommateurs cherchent du carburant pour leur groupe électrogène. Parmi eux, Robert, 44 ans, cadre bancaire de Westfield, dans le New Jersey, de plus en plus crispé lundi matin: «Sur son site web, mon fournisseur d’électricité indique que le courant sera rétabli le 9 novembre. Tout en précisant qu’il ne peut pas actuellement donner des prévisions proches de la réalité. Allez comprendre...»

Pourtant, la vulnérabilité du réseau distribution électrique étonne à peine les Américains. Robert, comme beaucoup de ses compatriotes, semble résigné: «On serait peut-être mieux protégés s’il y avait plus de lignes enfouies, mais je crois que ça coûterait cher.» Chez Massoud Amin, professeur à l’université du Minnesota, le ton est plus critique. Sur la radio new-yorkaise WNYC, cet expert soulignait le lendemain de la tempête la nécessité de moderniser des infrastructures vétustes: «Au nord-est des Etats-Unis, dans des conditions météorologiques normales, on enregistre en moyenne chaque année quatre heures de coupure de courant par usager.» Contre seulement quatre minutes au Japon.