Sandy: Haïti, d'une catastrophe à l'autre

MONDE Toujours convalescente du séisme de 2010, l'île a été balayée par l'ouragan Sandy...

Corentin Chauvel avec agences

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L'ouragan Sandy a provoqué d'importantes montées des eaux, comme ici à Port-au-Prince (Haïti), le 26 octobre 2012.
L'ouragan Sandy a provoqué d'importantes montées des eaux, comme ici à Port-au-Prince (Haïti), le 26 octobre 2012. — S.PARKER / REUTERS

Haïti n’en a pas fini de panser ses plaies. Quelque peu oubliée depuis que Sandy a pris la direction de la côte est des Etats-Unis, l’île risque d’avoir du mal à se remettre du passage de l’ouragan dans le sud du pays la semaine dernière.

Parmi les îles des Caraïbes touchées par Sandy, ni la Jamaïque, ni Cuba et les Bahamas, également frappés de plein fouet, n'ont eu autant de dégâts qu'Haïti, où la pluie n’a cessé de tomber les jours suivants. Plus de cinquante centimètres de pluie sont tombés en 24 heures sur la ville des Cayes et dans la campagne environnante, faisant déborder les rivières.

Des milliers de personnes déplacées

D'après le Bureau de la protection civile d'Haïti, près de 17.800 personnes ont dû déménager dans des abris temporaires à cause de Sandy, alors que 370.000 personnes vivent toujours dans des refuges de fortune dans tout le pays depuis la catastrophe provoquée par le tremblement de terre de 2010. Le bilan est lui d’au moins 52 morts et l'état d'urgence a été décrété pour une durée d'un mois mardi soir par le gouvernement, selon l'AFP.

Et le pire reste à venir. Sandy a détruit 70% des récoltes dans le sud du pays et causé de lourdes pertes de bétail, a annoncé mardi un responsable du ministère haïtien de l'Agriculture. Les dommages ne sont pas encore connus, mais selon Jean Debalio Jean-Jacques, le principal responsable du ministère de l'Agriculture du département du Sud, plusieurs agriculteurs pauvres n'auront rien à manger à cause des dommages causés par la tempête.

Les dégâts concernent des cultures d'avocats, de fruits de l'arbre à pain, de maïs et de vétiver, une plante utilisée en parfumerie. «C'est un désastre majeur», a déclaré le Premier ministre haïtien, Laurent Lamothe. Il évalue le coût du désastre à plusieurs centaines de millions de dollars.