Ouragan Sandy: «J'ai l'impression d'être dans un film catastrophe»

MONDE Des Français de New York racontent à «20 Minutes» comment ils se sont préparés à l'arrivée de la tempête...

Corentin Chauvel

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La ville de New York (Etats-Unis), dans l'attente de l'ouragan Sandy, le 29 octobre 2012.
La ville de New York (Etats-Unis), dans l'attente de l'ouragan Sandy, le 29 octobre 2012. — G.HERSHORN / REUTERS

Alors que l’ouragan Sandy continue de se renforcer et ne se trouve plus qu’à quelques heures de New York, des Français vivant dans la ville américaine racontent à 20 Minutes leurs préparatifs avant l’arrivée de la tempête.

Ce lundi matin, tout était encore calme à New York, les habitants ont fait des provisions dimanche et Marie avoue «tourner un peu en rond». «Tout est fermé, même le métro, on est coincé dans notre quartier qui est d’habitude animé», indique cette jeune mère de famille qui se dit cependant «éloignée de tout problème potentiel» car elle vit à Columbia, au nord de Manhattan, sans proximité directe avec la mer. «On a peu de chances qu’il nous arrive quelque chose», résume-t-elle.

«C’est une ambiance de siège»

Plus proche de la mer, à Brooklyn, François «capitalise sur l’expérience de l’ouragan Irene» qui avait touché la ville en août 2011. A l’époque, le Français et sa petite famille s’étaient installés chez des amis le temps que la tempête passe. «Pas cette fois-ci, on a juste scotché les fenêtres et fait les courses», indique-t-il. L’atmosphère, elle, est bien similaire dans les rues vides de New York: «C’est une ambiance de siège, il n’y a pas une voiture qui passe, tout le monde s’est barricadé, c’est comme une ville en quarantaine.»

Habitante de Brooklyn également, Sandrine aussi a «l’impression d’être dans un film catastrophe», même si elle n’est pas dans un quartier inondable, résidentiel qui plus est.  «Ma rue est calme, mais ça ne change pas de d’habitude», s’amuse-t-elle, comparant le climat actuel new-yorkais à celui de la Bretagne. 

«C’est intimidant d’écouter les informations»

Si les trois Français sont ainsi plutôt sereins, Marie s’inquiète un peu quand elle regarde la télévision. «C’est intimidant d’écouter les informations, cela nous permet de nous faire une idée, parce que pour le moment, on ne voit pas grand-chose et on ne sait pas ce qu’il va se passer», explique-t-elle. Les courriels ne sont pas plus rassurants: «Ils viennent de la banque, de la compagnie d’électricité, de l’université où je travaille ou encore de l’école de mon fils, tout est fermé, il y a beaucoup de mobilisation».

«Les Américains ont tendance à prendre pas mal de précautions», confirme François, qui les a toutefois trouvés un peu trop alarmistes lors du passage d’Irene, cette «grosse tempête bretonne», selon Sandrine. «Ce sont toutes ces mesures qui sont impressionnantes et nous font prendre conscience de ce qu’il va arriver», souligne néanmoins Marie, louant la préparation à l’américaine.

«Happy Hurricane!»

«C’est extrêmement bien préparé et organisé, ils ont peur de ne pas en faire assez et c’est peut-être ce qui m’angoisse, surtout avec mon petit garçon», ajoute la jeune femme qui s’est tout de même amusée de voir dimanche la cohue aussi bien dans les supermarchés que dans les magasins de jouets. «J’y suis allée aussi car il faut occuper les enfants», dit cette mère d’un enfant de trois ans. François devrait lui aussi profiter de ce week-end prolongé en famille pour «rattraper le temps perdu», en regardant séries et films notamment.

Pas de repos en revanche pour Sandrine qui travaillera de chez elle. «Il n’y a pas de raison qu’on ne travaille pas, on peut le faire à distance, tant qu’il y a de l’électricité, ça va aller», souligne-t-elle. En attendant, la jeune femme a surpris dimanche au supermarché des New-Yorkais en train de faire le plein d’alcool: «Certains ont beaucoup d’humour, préparant des "Hurricane parties" et se souhaitant des "Happy Hurricane"!»

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